Vous venez de recevoir votre résultat. « HPV positif », c’est écrit noir sur blanc. Quelques lignes plus bas, « cytologie normale » ou « frottis sans anomalie ». Deux informations qui semblent se contredire, et une seule question en tête : est-ce grave ? Le mot « positif » inquiète. On pense immédiatement au cancer du col de l’utérus, au pire scénario. La réalité est bien plus nuancée. Un frottis normal HPV positif est un résultat fréquent, qui ne signifie ni cancer ni urgence. Il indique qu’un virus a été détecté, que vos cellules vont bien pour l’instant, et qu’un suivi existe pour vérifier que tout reste en ordre. Comprendre ce que ces deux lignes veulent vraiment dire, savoir ce qui va se passer ensuite et reconnaître les rares situations qui justifient de consulter rapidement : c’est exactement ce que vous trouverez dans les paragraphes qui suivent.
Sommaire
Frottis normal HPV positif : que signifie vraiment ce résultat ?
Pourquoi le test HPV peut-il être positif alors que le frottis est normal ?
Que se passe-t-il après un résultat frottis normal HPV positif ?
Combien de temps faut-il pour avoir le résultat et combien de temps le HPV peut-il persister ?
Quand faut-il consulter sans attendre malgré un frottis normal ?
Comment vivre cette attente sans surinterpréter le mot « positif » ?
Frottis normal HPV positif : le suivi qui vous protège, pas le résultat qui vous condamne
Frottis normal HPV positif : que signifie vraiment ce résultat ?
Un résultat, deux informations distinctes
Votre compte-rendu contient en réalité deux résultats distincts, obtenus sur un même prélèvement. Le premier concerne la recherche du papillomavirus humain, souvent abrégé HPV : un virus très courant, transmis par contact cutané ou muqueux, que la plupart des personnes sexuellement actives rencontrent au moins une fois au cours de leur vie. Le second porte sur l’aspect de vos cellules cervicales, examinées au microscope par un médecin biologiste. Ces deux analyses ne cherchent pas la même chose. Leurs conclusions peuvent diverger sans qu’il y ait la moindre contradiction.
Ce que veut dire « HPV positif »
Un résultat HPV positif signifie que le papillomavirus a été détecté dans votre prélèvement cervical. La Société Française de Colposcopie et de Pathologie Cervico-Vaginale le précise clairement : un test HPV positif indique la présence du virus, pas celle d’un cancer ni d’une lésion. Le virus lui-même ne provoque aucun symptôme dans la grande majorité des cas. Beaucoup de femmes porteuses du HPV l’ignorent totalement avant le jour du dépistage. Ce n’est pas un résultat exceptionnel : c’est l’un des résultats les plus fréquents en consultation gynécologique de routine.
Ce que veut dire « frottis normal »
Un frottis normal, que votre compte-rendu peut appeler « cytologie normale » ou « absence d’anomalie cellulaire », signifie que les cellules de votre col ne présentent aucune modification visible au microscope. Aucune lésion, aucune irrégularité suspecte n’a été repérée au moment de l’examen. La présence du virus dans le prélèvement n’a pas entraîné de changement cellulaire détectable. Vos cellules sont intactes, saines en apparence. C’est une information rassurante qu’il ne faut pas perdre de vue quand l’inquiétude monte.
Ce que dit votre résultat et ce que cela ne signifie pas
Votre résultat
Ce que cela signifie
Ce que cela ne veut PAS dire
Positif ne veut pas dire cancer
Le raccourci est tentant. Il est faux. Être porteuse du HPV ne signifie pas avoir un cancer du col de l’utérus. La Haute Autorité de Santé estime qu’environ 90 % des infections à HPV disparaissent spontanément dans les deux ans, sans traitement et sans conséquence. La présence du virus est un signal de vigilance, pas un diagnostic. Si cette inquiétude reste forte malgré tout, notre article consacré à la question peut-on mourir du cancer du col de l’utérus vous donnera des repères chiffrés pour remettre le risque réel en perspective.
Un dépistage conçu pour cette situation
Le dépistage du cancer du col de l’utérus concerne les femmes de 25 à 65 ans, comme le précise l’Assurance Maladie. Cet examen est conçu pour repérer un risque bien avant qu’il ne devienne un problème. Recevoir un résultat HPV positif avec un frottis normal, c’est exactement le type de situation que le programme de dépistage est fait pour détecter : un virus repéré, des cellules intactes, et un suivi à organiser calmement. Le dépistage ne sonne pas l’alarme : il ouvre une fenêtre de surveillance.
Le dépistage fonctionne même sans symptôme
Il est possible, et même fréquent, de recevoir ce résultat sans avoir ressenti le moindre signe physique. Le dépistage est un examen de surveillance, prévu chez des personnes en bonne santé apparente. L’absence de symptôme ne contredit pas la positivité du test : elle la rend simplement plus déroutante quand on découvre son compte-rendu sans s’y attendre. C’est parfaitement normal de ne rien avoir remarqué. C’est même la raison d’être du dépistage : chercher ce qui ne se voit pas encore.
Pourquoi le test HPV peut-il être positif alors que le frottis est normal ?
Deux examens, deux questions différentes
Le test HPV et le frottis ne posent pas la même question. Le test HPV détecte la présence du virus dans les cellules prélevées sur le col de l’utérus. Le frottis, lui, examine l’aspect de ces mêmes cellules au microscope pour repérer d’éventuelles modifications de forme ou de structure. L’un cherche une cause potentielle, l’autre cherche une conséquence visible. Ces deux examens se complètent sans se répéter. Notre article sur la différence entre frottis et test HPV détaille ce que mesure chacun d’eux.
Une stratégie de dépistage qui dépend de votre âge
Le protocole n’est pas le même selon votre tranche d’âge. Entre 25 et 29 ans, l’examen recommandé est l’examen cytologique, c’est-à-dire le frottis classique. À partir de 30 ans et jusqu’à 65 ans, c’est le test HPV dit « haut risque » qui devient l’examen de première intention, d’après les recommandations de l’Assurance Maladie. Ce changement s’explique par le fait que le test HPV détecte plus précocement un risque de lésion que le frottis seul, surtout après 30 ans.
Comment les deux résultats coexistent sur un seul prélèvement
Lorsque le test HPV revient positif chez une femme de 30 ans ou plus, la recherche d’anomalies cellulaires est effectuée directement sur le même prélèvement, sans nouveau rendez-vous. C’est ce que l’on appelle la cytologie réflexe. Le laboratoire analyse le même échantillon sous un autre angle. Vous recevez donc deux informations en une seule fois, ce qui explique l’impression de résultat paradoxal. En réalité, le circuit est parfaitement logique : le virus a été cherché en premier, et les cellules ont été regardées ensuite.
Le virus peut être là bien avant la moindre modification cellulaire
Un HPV détecté aujourd’hui ne produit pas nécessairement de changement cellulaire visible. La Haute Autorité de Santé rappelle qu’environ 90 % des infections disparaissent spontanément dans les deux ans. Le système immunitaire élimine le virus sans que les cellules n’aient jamais été modifiées. Dans près de 10 % des cas, l’infection persiste plus longtemps. C’est cette persistance prolongée qui, à terme, peut favoriser l’apparition de lésions précancéreuses, puis éventuellement cancéreuses.
L'enjeu réel : la persistance, pas la positivité ponctuelle
Un seul test positif n’a pas la même signification qu’un virus encore présent un an plus tard. C’est pour cela qu’un contrôle est prévu à distance : il ne s’agit pas de vérifier si vous êtes toujours « positive » par curiosité, mais de distinguer une infection passagère d’une infection qui s’installe. Cette notion de persistance est le vrai critère de surveillance. Pour mieux comprendre les délais de cette évolution, vous pouvez consulter notre article sur le temps que met le papillomavirus à se déclarer.
Que se passe-t-il après un résultat frottis normal HPV positif ?
Le schéma habituel : un contrôle à douze mois
Quand le test HPV est positif et que le frottis ne montre aucune anomalie, la suite recommandée est un nouveau test HPV à un an. Ce délai n’a rien d’arbitraire. Il correspond au temps nécessaire pour observer si le virus persiste ou s’il a été éliminé naturellement par votre organisme. La Société Française de Colposcopie et de Pathologie Cervico-Vaginale décrit cette conduite comme le parcours classique dans cette configuration précise de résultat.
Ce que l'on cherche lors du contrôle
Le test de contrôle à un an ne vise pas à confirmer que vous avez le HPV : cela, on le sait déjà. Il vise à évaluer si le virus est toujours présent. Si le résultat redevient négatif, cela signifie en général que le virus a été éliminé naturellement. Le suivi reprend alors le plus souvent son rythme habituel, selon l’avis du médecin. Si le virus est encore détecté, d’autres examens pourront être envisagés par votre médecin.
Pourquoi refaire un test plus tôt ne sert à rien
La tentation existe de demander un nouveau frottis ou un test HPV quelques semaines après le résultat. La Société Française de Colposcopie rappelle que le test annuel n’améliore pas le dépistage. Le virus met du temps à se manifester ou à disparaître. Un contrôle trop rapproché ne fournit pas d’information fiable : il risque surtout de produire un résultat identique, qui alimente l’inquiétude sans la résoudre. Respecter le délai de douze mois, c’est donner au corps le temps de répondre.
La suite habituelle après un résultat frottis normal HPV positif
- Résultat initial : test HPV positif, frottis normal
- Étape suivante : nouveau test HPV proposé à 12 mois
- Si le contrôle est négatif : retour au rythme habituel de dépistage (tous les 5 ans)
- Si le contrôle reste positif : discussion avec le médecin pour évaluer la suite, colposcopie possible
- Si une anomalie cellulaire apparaît entre-temps : prise en charge adaptée sans attendre le délai de 12 mois
La colposcopie : à quoi sert cet examen ?
La colposcopie est un examen qui permet d’observer le col de l’utérus à l’aide d’une sorte de loupe éclairante appelée colposcope. Elle peut être proposée si le test HPV reste positif après le contrôle à un an, ou si une anomalie cellulaire apparaît entre-temps. L’examen dure quelques minutes. Le médecin applique des solutions sur le col pour mieux visualiser d’éventuelles zones suspectes. La colposcopie n’est pas un traitement : c’est un outil d’observation plus fin que le frottis.
Colposcopie ne signifie pas cancer
Beaucoup de femmes redoutent la colposcopie parce qu’elles l’associent automatiquement à un diagnostic grave. Ce n’est pas le cas. Dans la majorité des situations, cet examen confirme l’absence de lésion inquiétante ou repère une modification mineure que l’on va simplement surveiller. Si un petit prélèvement de tissu (biopsie) est réalisé pendant l’examen, c’est pour analyser un échantillon au laboratoire, pas pour opérer. La colposcopie est une étape du parcours, pas une sentence.
Aucun traitement ne cible directement le virus
Il n’existe pas de médicament capable d’éliminer le HPV comme un antibiotique traiterait une infection bactérienne. La Haute Autorité de Santé et la Société Française de Colposcopie le confirment. On surveille, et on traite les lésions si elles apparaissent. Quand le virus est présent sans modification cellulaire, la stratégie repose sur le suivi, pas sur l’intervention. Pour comprendre la nature de ces lésions et leurs différents stades, notre article sur les lésions malpighiennes intra-épithéliales de bas grade et haut grade vous donnera une vision claire.
Votre médecin reste au centre du parcours
Le schéma décrit ici est le parcours habituel tel qu’il est présenté au grand public. Il ne remplace pas l’évaluation individuelle de votre médecin ou de votre gynécologue, qui tiendra compte de votre âge, de vos antécédents et parfois du type de HPV détecté. Chaque situation est singulière. C’est justement le rôle du suivi médical que de s’adapter à la vôtre, pas d’appliquer un protocole aveugle.
Combien de temps faut-il pour avoir le résultat et combien de temps le HPV peut-il persister ?
Le délai du laboratoire : variable selon les circuits
La première attente est celle du résultat lui-même. Les délais dépendent du laboratoire, du type d’analyse demandé et du mode de transmission du compte-rendu. En pratique, les résultats d’un frottis ou d’un test HPV sont généralement disponibles en une à trois semaines, selon le laboratoire, le type d’analyse demandé et le mode de transmission du compte-rendu. Le compte-rendu peut arriver par courrier, par votre espace patient en ligne ou par l’intermédiaire de votre médecin prescripteur.
Pourquoi il n'existe pas un seul délai officiel
Il n’existe pas, en France, de délai national unique et standardisé pour la remise de ces résultats. La durée varie selon que le prélèvement nécessite ou non une cytologie réflexe (l’analyse complémentaire des cellules sur le même échantillon), selon l’organisation interne du laboratoire et selon la charge de travail au moment du traitement. Si votre attente dépasse trois semaines, la bonne réaction est de contacter votre professionnel de santé ou directement le laboratoire pour vérifier l’avancement.
Le délai de contrôle : pourquoi attendre un an ?
Le contrôle à douze mois n’est pas un délai administratif imposé par hasard. C’est le temps minimum nécessaire pour qu’un changement significatif puisse se produire dans votre organisme : soit le virus disparaît, soit il persiste. Un contrôle plus rapproché ne donnerait pas d’information exploitable. Ce délai est celui retenu par les recommandations de la Société Française de Colposcopie, qui rappelle qu’un suivi trop fréquent n’améliore pas la qualité du dépistage.
Trois délais à ne pas confondre
Type de délai
Ce qu'il mesure
Ordre de grandeur
Le délai d'évolution : des années, pas des semaines
L’un des chiffres les plus utiles pour remettre les choses en perspective : la Haute Autorité de Santé évalue le délai entre une infection persistante et un éventuel cancer du col à 10 à 20 ans. Ce repère ne doit jamais être transformé en promesse individuelle d’absence de risque. Il permet en revanche de comprendre que quelques jours ou quelques semaines d’attente pour un résultat de laboratoire ne changent strictement rien au pronostic.
Combien de temps le HPV peut-il rester dans l'organisme ?
La plupart des infections à HPV sont transitoires. Environ 90 % disparaissent dans les deux ans, sans intervention, selon la Haute Autorité de Santé. Chez une minorité de femmes (près de 10 %), le virus persiste au-delà de cette période. C’est cette persistance prolongée qui justifie la surveillance. Votre résultat actuel ne dit pas si vous appartenez à l’une ou l’autre de ces catégories : seul le contrôle dans le temps le montrera. Si vous vous interrogez sur la transmission pendant cette période, notre article j’ai le papillomavirus : est-ce que je suis contagieuse apporte des réponses concrètes.
Quand faut-il consulter sans attendre malgré un frottis normal ?
Un dépistage normal ne couvre pas tous les cas de figure
Le dépistage est un examen de surveillance, réalisé chez des personnes sans symptôme apparent. Il est conçu pour repérer un risque à long terme, pas pour évaluer un signe que vous ressentez aujourd’hui. Un frottis normal ne remplace pas une consultation si quelque chose vous préoccupe entre deux rendez-vous de suivi. Le dépistage regarde ce qui ne se voit pas encore ; un symptôme, lui, est un signal que votre corps envoie maintenant.
Les signaux qui justifient de ne pas attendre
Certains symptômes doivent vous amener à consulter votre médecin ou votre gynécologue rapidement, même si votre dernier frottis était parfaitement rassurant. Il ne s’agit pas de paniquer, mais de ne pas laisser passer un signe qui mérite d’être évalué en dehors du calendrier habituel de dépistage.
Consultez sans attendre si vous observez l'un de ces signes
- Saignements en dehors des règles, notamment après un rapport sexuel ;
- Pertes vaginales inhabituelles par leur couleur, leur odeur ou leur abondance ;
- Douleurs pelviennes persistantes ou nouvelles, sans explication évidente ;
- Saignements après la ménopause.
Dépistage et symptômes : deux logiques qui se complètent
Le dépistage cherche ce qui ne se voit pas encore. Un symptôme est un signal que votre corps vous adresse maintenant. Ces deux démarches se complètent, elles ne se remplacent pas. Un résultat de dépistage normal datant de quelques mois n’invalide pas un symptôme apparu depuis. Votre médecin évaluera la situation au regard de votre histoire personnelle, de vos antécédents et de l’examen clinique, pas seulement au regard du dernier compte-rendu.
Cet article ne remplace pas un avis médical
Ce guide vous aide à comprendre un résultat et à vous situer dans le parcours de suivi. Il ne constitue pas un diagnostic et ne prétend pas se substituer à l’évaluation d’un professionnel de santé. Si vous avez un doute, une inquiétude persistante ou un symptôme que vous ne vous expliquez pas, la bonne réaction est toujours de poser la question à votre médecin ou à votre gynécologue. Pour replacer cet examen dans le cadre plus large de la prévention, notre article sur le dépistage des cancers du sein, du col de l’utérus, colorectal et de la prostate vous donne une vue d’ensemble.
Quatre repères avant de paniquer
En 1 minute 21, cette séquence explique ce qu’un test HPV positif signifie réellement, pourquoi il impose surtout une surveillance et dans quels cas il faut consulter plus vite. Un format clair et rassurant, publié par l’AP-HM, pour distinguer l’alerte utile de l’inquiétude excessive.
Comment vivre cette attente sans surinterpréter le mot « positif » ?
Le poids d'un seul mot
En médecine, « positif » signifie simplement qu’un élément recherché a été trouvé dans le prélèvement. Ce n’est ni un jugement ni un pronostic. Le mot peut pourtant déclencher une spirale d’inquiétude, surtout lorsqu’il concerne un virus associé au cancer du col de l’utérus. Replacer ce terme dans son contexte technique est un premier geste utile pour soi-même : « positif » veut dire « détecté », rien de plus, rien de moins.
Votre résultat ne date pas l'infection
Un test HPV positif ne permet pas de savoir depuis quand le virus est présent dans votre organisme. La Société Française de Colposcopie le rappelle explicitement : aucun examen ne peut établir la date de la contamination. L’infection peut remonter à quelques mois comme à plusieurs années. Cette information a une conséquence directe sur la vie de couple : un résultat positif ne prouve en rien une contamination récente ni une infidélité. Pour approfondir cette question, notre article sur le papillomavirus et la vie de couple vous apportera des réponses nuancées.
Ne pas confondre positivité et maladie
Être porteuse du HPV est extrêmement courant. La plupart des personnes sexuellement actives rencontrent ce virus au cours de leur vie. Un résultat positif vous place dans la catégorie la plus fréquente, pas dans une catégorie à part. Ce qui distingue une infection banale d’une infection à surveiller de près, ce n’est pas le premier résultat : c’est son évolution dans le temps. La très grande majorité des infections à HPV disparaissent d’elles-mêmes, sans laisser de trace.
Ce que vous pouvez faire concrètement en attendant le contrôle
L’attente entre le résultat et le contrôle à un an peut sembler longue, surtout quand l’inquiétude est là. Quelques gestes simples rendent cette période plus facile à traverser. Notez la date de votre prochain rendez-vous de suivi. Conservez une copie de votre résultat actuel pour le montrer au médecin lors du contrôle. Préparez les questions que vous souhaitez poser : type de HPV détecté, nécessité ou non d’un examen complémentaire, signes à surveiller entre les deux rendez-vous. Pour mieux comprendre les voies de transmission du virus, y compris en dehors des rapports sexuels, consultez notre article peut-on attraper le papillomavirus sans rapport.
Trois réflexes pour bien vivre l'attente du contrôle
- Notez la date de votre prochain test HPV (12 mois après le résultat) et le nom du professionnel qui vous suit ;
- Conservez votre compte-rendu actuel : il sera utile au médecin lors du contrôle ;
- Préparez vos questions pour la consultation suivante : type de HPV détecté, nécessité d'un génotypage, signes à surveiller.
Ne pas rester seule avec le résultat
Un résultat médical lu seul, sur un écran ou dans un courrier, pèse toujours plus lourd que le même résultat expliqué de vive voix par un professionnel. Si vous n’avez pas eu l’occasion d’en discuter avec votre médecin ou votre gynécologue, prenez rendez-vous pour cela. Poser vos questions à quelqu’un qui connaît votre dossier sera toujours plus fiable et plus apaisant que multiplier les recherches en ligne. Votre médecin pourra aussi vous confirmer le calendrier de suivi adapté à votre situation.
Le suivi existe pour vous protéger, pas pour vous effrayer
Le contrôle à un an n’est pas une punition ni le signe que quelque chose va mal. C’est un outil de surveillance active, conçu pour distinguer les infections qui passent de celles qui s’installent. Le dépistage du col de l’utérus, tel que l’Assurance Maladie le décrit pour les femmes de 25 à 65 ans, repose précisément sur cette logique : détecter tôt, surveiller de près, intervenir à temps si cela devient nécessaire. C’est d’ailleurs toute la raison pour laquelle le frottis cervical reste un examen indispensable dans le parcours de prévention du cancer du col.
Frottis normal HPV positif : le suivi qui vous protège, pas le résultat qui vous condamne
Un frottis normal HPV positif n’est ni une condamnation ni une fausse alerte. C’est un résultat qui dit exactement ce qu’il dit : un virus détecté, des cellules intactes pour l’instant, et un suivi à organiser. La vraie question n’est pas « pourquoi suis-je positive ? » (la réponse est statistiquement banale), c’est « est-ce que le virus persiste ? ». Seul le contrôle à douze mois y répondra.
Ce que vous pouvez retenir : le mot « positif » n’est pas un diagnostic. Le délai entre une infection et un éventuel problème se compte en années, pas en semaines. Le dépistage et le suivi sont là pour intervenir bien avant que ce délai ne devienne un enjeu. Votre prochaine étape concrète est de noter la date de votre contrôle, de garder votre résultat et de poser vos questions à votre médecin.
Crédits photos
Vitaly Gariev / Unsplash+
Getty Images pour Unsplash+ / Unsplash+
Sources de cet article
- Haute Autorité de Santé, Questions-Réponses sur l'infection à papillomavirus humains (HPV), cause de cancer du col de l'utérus, et le dépistage, has-sante.fr
- Assurance Maladie, Dépistage organisé du cancer du col de l'utérus, ameli.fr
- Société Française de Colposcopie et de Pathologie Cervico-Vaginale, Foire aux Questions, societe-colposcopie.com
Concertation-depistage.fr est un site d'information et ne donne ni avis médical ni diagnostic. En cas de doute sur votre état de santé, consultez votre médecin traitant.
Frottis normal HPV positif : vos questions fréquentes
Frottis normal HPV positif : est-ce grave ?
Non. Ce résultat signifie que le virus a été détecté, mais que vos cellules ne présentent aucune anomalie visible. Environ 90 % des infections à HPV disparaissent spontanément dans les deux ans selon la Haute Autorité de Santé. Un suivi à douze mois est habituellement proposé pour vérifier que le virus ne persiste pas.
HPV positif avec frottis normal : est-ce un cancer ?
Non. La présence du HPV n’est pas un cancer. Le virus peut être détecté longtemps avant toute modification cellulaire, et dans la grande majorité des cas, l’infection disparaît sans conséquence. Le délai entre une infection persistante et un éventuel cancer du col est estimé entre 10 et 20 ans par la HAS. Le suivi existe précisément pour agir bien avant ce stade.
Peut-on savoir depuis quand on a le HPV ?
Non. Aucun examen ne permet de dater l’infection à HPV. Le virus peut avoir été contracté quelques mois ou plusieurs années avant le test. La Société Française de Colposcopie rappelle que le résultat ne donne aucune indication sur le moment de la contamination. Un résultat positif ne prouve pas une infection récente.
Combien de temps faut-il pour avoir un résultat de test HPV ?
Il n’existe pas de délai national unique. En pratique, les résultats sont généralement disponibles en une à trois semaines selon le laboratoire, le type d’analyse et le mode de transmission du compte-rendu. Si l’attente dépasse trois semaines, contactez votre professionnel de santé ou le laboratoire.
Pourquoi faut-il parfois refaire un test à un an ?
Le contrôle à douze mois permet de vérifier si le virus a été éliminé naturellement ou s’il persiste. C’est la persistance du HPV, et non sa simple détection ponctuelle, qui augmente le risque de lésion à long terme. Un contrôle plus rapproché ne donnerait pas d’information fiable, car le virus met du temps à se manifester ou à disparaître.
Un HPV positif veut-il dire que mon partenaire m'a contaminée récemment ?
Non. Le résultat ne permet pas de dater la contamination. L’infection peut être ancienne de plusieurs années. Un test HPV positif ne prouve ni une contamination récente ni une infidélité. Le papillomavirus se transmet par contact cutané ou muqueux, souvent lors de rapports sexuels, sans qu’aucun lien avec une date précise ne soit possible.
Peut-on avoir un HPV positif sans symptôme ?
Oui, et c’est le cas le plus fréquent. Le papillomavirus ne provoque la plupart du temps aucun signe physique. C’est précisément la raison d’être du dépistage : repérer la présence du virus chez des personnes qui n’ont aucune raison de consulter pour un symptôme. L’absence de gêne ne signifie pas absence d’infection.
Quand une colposcopie est-elle proposée ?
Une colposcopie peut être envisagée si le test HPV reste positif après le contrôle à douze mois, ou si une anomalie cellulaire apparaît entre-temps. Cet examen permet d’observer le col de l’utérus de manière plus précise que le frottis. Il ne signifie pas qu’un problème grave a été identifié : il sert à affiner le diagnostic et à guider la suite du suivi.




