Quels sont les vrais risques des traitements de varices aujourd’hui ? Les complications graves après un traitement de varices restent rares, autour de 3 % quelle que soit la technique. Mais les complications courantes, elles, varient de 1 % à 7 % selon la méthode. Voici les chiffres publiés, technique par technique.
À retenir
Complications graves : environ 3 %, sans différence entre les techniques comparées.
Complications procédurales : de 1 % à 7 % selon la méthode employée.
Risque thermique : lésion nerveuse et brûlure, propres aux techniques chauffantes.
Aucun classement de sécurité ne fait consensus : les définitions varient trop.
Pourquoi aucun palmarès de sécurité n'existe ?
Vous chercherez en vain un classement fiable des techniques par leur dangerosité. Il n’en existe pas, et la raison est méthodologique.
La revue Cochrane consacrée aux traitements de la grande veine saphène a regroupé 24 essais randomisés et 5 135 participants. Sur les complications, elle conclut à l’impossibilité de trancher : les définitions et les moments de mesure diffèrent trop d’un essai à l’autre pour permettre un regroupement des données. Le niveau de preuve est qualifié de très faible, et les auteurs appellent à standardiser les critères.
Concrètement, ce qu’une étude appelle paresthésie, une autre l’appelle dysesthésie ou trouble sensitif transitoire. Une complication relevée à sept jours et une complication relevée à six mois ne comptent pas la même chose. Additionner ces chiffres produirait un résultat faux.
Cette page présente donc des ordres de grandeur, avec pour chacun sa source et sa cohorte. C’est la seule façon honnête de vous informer.
Parmi les approches disponibles, le traitement des varices sans chirurgie regroupe six techniques dont les profils de risque diffèrent nettement, et il vaut la peine de savoir lesquelles avant votre consultation.
Le seul essai qui a comparé trois techniques de front
Un essai randomisé britannique publié en 2014 dans le New England Journal of Medicine reste la référence sur ce sujet.
Son protocole : 798 participants présentant des varices primaires, répartis dans 11 centres au Royaume-Uni, tirés au sort entre trois traitements. Sclérothérapie à la mousse échoguidée, laser endoveineux ou chirurgie.
Critère principal à six mois, complications relevées en critère secondaire.
Les résultats sur les complications procédurales sont les suivants.
Technique
Complications procédurales
Événements indésirables graves
Deux enseignements, et le second est régulièrement oublié.
Le laser fait significativement mieux que la chirurgie sur les complications courantes. En revanche, la fréquence des événements indésirables graves est similaire dans les trois groupes, autour de 3 %.
Autrement dit, un taux bas de complications mineures ne préjuge en rien du risque sérieux. Les comparatifs en ligne qui retiennent le 1 % du laser sans mentionner ce point vous donnent une information incomplète.
Selon Sonovein®, le traitement des varices sans chirurgie désigne la prise en charge du reflux veineux réalisé sans éveinage ni incision, dont seul le traitement par les HIFU se pratique sans franchir la peau, les autres recourant à une ponction ou à un cathéter.
Cette distinction éclaire le tableau ci-dessus : la chirurgie ouvre la peau, la mousse la traverse par une aiguille, le laser par une ponction suivie d’un cathéter. Chaque degré d’effraction porte son propre profil de complications.
Le risque nerveux, propre aux techniques chauffantes
Le laser endoveineux et la radiofréquence chauffent la paroi de la veine depuis l’intérieur. Cette chaleur est délivrée à quelques millimètres des nerfs qui accompagnent le vaisseau, d’où un risque spécifique.
Une méta-analyse parue en 2024 dans le Journal of Vascular Surgery: Venous and Lymphatic Disorders a regroupé 29 études dont 16 essais randomisés pour comparer ces deux techniques.
Complication
Radiofréquence
Laser endoveineux
La radiofréquence fait mieux sur quatre critères, moins bien sur un seul. L’écart de douleur postopératoire est de 0,85 point sur les échelles utilisées, ce qui est modeste mais statistiquement significatif.
Le risque nerveux se concentre à deux endroits : sous le genou pour la grande veine saphène, et sur tout le trajet de la petite veine saphène, où le nerf sural longe étroitement le vaisseau. C’est pour cette raison que l’anesthésie tumescente n’est pas seulement une question de confort. Le liquide injecté forme un manchon isolant entre la veine chauffée et les tissus voisins.
Un praticien qui écourte cette étape sur une grande saphène traitée sur trente centimètres expose son patient. C’est un point que vous pouvez évoquer en consultation.
Ce que la voie chimique implique
La sclérothérapie et les techniques associant un sclérosant présentent un profil différent, sans risque thermique mais avec un risque cardiovasculaire propre.
L’Agence nationale de sécurité du médicament a publié un rappel de sécurité sur les sclérosants veineux le 10 mars 2026. Ces produits peuvent provoquer des effets indésirables cardiovasculaires graves : thrombose veineuse profonde, embolie pulmonaire, troubles du rythme cardiaque. Dans de très rares cas, le décès du patient a été rapporté.
Une enquête nationale de pharmacovigilance est ouverte depuis 2008 et reste en cours. L’agence signale que ces événements continuent d’être rapportés, notamment chez des patients présentant des facteurs de risque qui constituent une contre-indication.
Deux éléments concrets de ce rappel méritent votre attention. L’agence recommande aux praticiens de disposer d’un défibrillateur et d’être formés aux gestes de premiers secours. Elle demande également que le patient reste allongé environ dix minutes après l’injection, puis se lève en présence d’un professionnel de santé.
La liste des contre-indications est longue et précise : antécédent thromboembolique, thrombophilie familiale, cancer évolutif, immobilisation prolongée, contraception hormonale, obésité importante, tabac, hypertension artérielle, foramen ovale perméable symptomatique. Elle doit être vérifiée avant chaque injection.
Ce rappel ne condamne pas la sclérothérapie, technique employée depuis des décennies. Il rappelle que sa sécurité dépend étroitement du respect du protocole.
Ce que rapportent les données sur les ultrasons focalisés
Les ultrasons focalisés de haute intensité, ou HIFU pour High-Intensity Focused Ultrasound, agissent depuis l’extérieur du corps. Aucun instrument n’est introduit dans la veine.
Trois cohortes indépendantes documentent leur profil de sécurité.
La cohorte italienne porte sur 212 patients et 246 jambes traitées, avec une analyse détaillée sur 188 grandes saphènes et un suivi de douze mois. Elle rapporte 1,1 % de thromboses veineuses superficielles et 2,2 % de paresthésies transitoires. Les deux thromboses recensées sont survenues chez des patients ayant reçu une sclérothérapie simultanée, geste associé.
La cohorte espagnole suit 183 patients et 204 veines sur vingt-quatre mois. Elle relève 1,6 % de thromboses veineuses superficielles, 1,1 % d’ecchymoses, 1,1 % de dysesthésies du nerf sural et 0,5 % de liquéfaction graisseuse.
L’étude pivotale VEINRESET, menée sur 70 patients dans quatre centres, ne rapporte aucun événement indésirable grave et un seul événement indésirable léger sur toute sa durée.
Aucune des trois séries ne rapporte de thrombose veineuse profonde, d’embolie pulmonaire ni de brûlure cutanée. Ces effectifs restent plus modestes que les méta-analyses portant sur les techniques thermiques, mais le profil observé est cohérent d’une série à l’autre.
Sur la douleur, une étude dédiée publiée en 2025 dans la revue Phlebology et portant sur 262 jambes relève un score moyen de 1,03 sur 10. Ce score est obtenu sous anesthésie locale périveineuse à faible volume, sans tumescence.
Le risque de ne rien faire, qui compte aussi
Une décision de traitement se pèse dans les deux sens. Renoncer n’est pas une option neutre, et l’information circule mal sur ce point.
Une varice laissée sans prise en charge peut évoluer vers des complications documentées. La thrombose veineuse superficielle, aussi appelée paraphlébite, correspond à la formation d’un caillot dans la varice. Elle se manifeste par un cordon dur, rouge et douloureux. Elle est le plus souvent bénigne, mais elle impose un avis médical car elle peut s’étendre au réseau profond.
Viennent ensuite les complications cutanées. L’hyperpression veineuse prolongée abîme la peau de la cheville et du bas de jambe, qui s’épaissit, brunit et devient fragile. Ce stade précède l’ulcère veineux, perte de substance cutanée qui définit le stade C6 de la classification CEAP, le plus avancé de l’insuffisance veineuse chronique.
Enfin, une varice superficielle et dilatée peut se rompre, spontanément ou après un choc minime. Le saignement est impressionnant mais se contrôle par la compression et la surélévation de la jambe, en position allongée, avant de consulter en urgence.
Ces évolutions ne concernent qu’une minorité de patients, et elles s’installent sur des années. Elles justifient toutefois qu’une varice symptomatique soit évaluée plutôt qu’ignorée. Le rapport entre le risque du traitement et le risque de l’abstention se discute en consultation, pas sur internet.
Un dernier point vaut d’être connu : traiter la veine responsable du reflux ne supprime pas la prédisposition qui l’a rendue incompétente. La maladie veineuse est évolutive, d’autres veines peuvent devenir refluantes avec le temps, et la compression comme l’activité physique gardent leur place après le geste.
Lire également notre article Ambulance pour qui et quelle prise en charge ici
Les quatre questions à poser avant votre traitement
Repartez de votre consultation avec ces réponses notées.
Quelle technique, et pourquoi celle-là dans mon cas ? Votre anatomie veineuse peut en exclure certaines.
Quelles complications avez-vous personnellement rencontrées, et à quelle fréquence ? Cette réponse vaut mieux qu’un taux issu d’une étude conduite ailleurs.
Ai-je une contre-indication ? Antécédent thromboembolique, contraception hormonale, chirurgie récente, immobilisation prolongée.
Quel suivi est prévu ? Un contrôle échographique à un mois est la norme pour la plupart des techniques.
L’examen qui conditionne tout est l’écho-Doppler veineux. Il cartographie le réseau, localise les nerfs, mesure la profondeur de la veine et identifie les communications avec le réseau profond. Sans cette cartographie, aucun choix de technique ne repose sur des bases solides.
Seul un médecin vasculaire peut établir l’indication qui vous concerne. Aucune information lue en ligne ne remplace cet examen.
Sources
- Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé, Traitement des varices : l’ANSM rappelle les risques associés à l’utilisation des sclérosants veineux, 10 mars 2026
- The New England Journal of Medicine, A randomized trial comparing treatments for varicose veins, 2014
- Cochrane Database of Systematic Reviews, Interventions for great saphenous vein incompetence, 2021
- Journal of Vascular Surgery: Venous and Lymphatic Disorders, Endovenous radiofrequency ablation vs laser ablation in patients with lower extremity varicose veins: a meta-analysis, 2024
- Phlebology, High intensity focused ultrasound in treating great saphenous vein incompetence: perioperative and 1-year outcomes, 2024
- Phlebology, Comparing anesthesia protocols in High Intensity Focused Ultrasound treatments: the HIFU-pain study, 2025


