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Le chirurgien a prononcé le mot « stomie », ou vous rentrez tout juste à la maison avec une poche collée sur le ventre, et depuis, une avalanche de questions très concrètes vous tourne dans la tête. Est-ce que ça va sentir ? Est-ce que je vais pouvoir remanger normalement, remettre un jean, retourner travailler, repartir en vacances, me doucher sans tout décoller ? Sur internet, vous tombez sur des témoignages qui dramatisent, des brochures de marques qui vendent du matériel, et cette impression que personne ne parle vraiment de vos journées à vous.

Remettons les choses à leur place. Une stomie digestive change des gestes du quotidien, ce serait mentir que de prétendre le contraire, mais elle ne vous condamne pas à « vivre moins ». Ce qui suit vous explique ce que la poche modifie réellement, ce qui distingue une colostomie d’une iléostomie et pourquoi cette différence compte, comment installer une routine qui évite les fuites, ce que vous pouvez manger, sortir, faire, et surtout quels signes doivent vous faire recontacter votre équipe soignante sans attendre. L’objectif n’est pas de vous rassurer à tout prix, mais de vous donner des repères honnêtes pour reprendre la main, à votre rythme.

Stomie digestive : ce que la poche change vraiment dans la vie quotidienne

Une stomie, qu'est-ce que c'est au juste ?

Une stomie digestive, c’est une ouverture créée chirurgicalement sur le ventre pour dériver l’intestin vers l’extérieur. Le chirurgien fait passer une portion d’intestin à travers la paroi abdominale et la fixe à la peau : cette petite muqueuse rouge et humide que vous voyez, c’est la stomie elle-même, parfois appelée « abouchement ». Les selles ne passent plus par les voies naturelles, elles s’évacuent par cette ouverture et sont recueillies dans une poche étanche collée autour. Le mot peut faire peur, mais il désigne une solution, pas une punition.

Pourquoi une poche devient-elle nécessaire ?

On pose une stomie quand une partie du tube digestif doit être mise au repos, contournée ou retirée. Les causes sont variées : un cancer colorectal, une maladie inflammatoire de l’intestin comme la maladie de Crohn et ses traitements, une occlusion, une chirurgie lourde du bas du ventre. Certaines interventions pour un cancer de l’anus peuvent aussi y conduire. Dans tous les cas, la logique est la même : la poche remplace temporairement ou durablement la fonction d’évacuation que l’intestin ne peut plus assurer par le bas.

Femme mature assise dans un fauteuil en osier, lisant un livre chez elle

La poche n'est pas la maladie

Voilà une distinction qui change tout : la stomie est une réponse chirurgicale à un problème, elle n’est pas le problème. Beaucoup de personnes cherchent en ligne « combien de temps vit-on avec une stomie », et c’est une fausse piste. Aucun chiffre honnête d’espérance de vie n’existe « avec une stomie », tout simplement parce que le pronostic dépend de la maladie qui a rendu l’opération nécessaire, jamais de la poche en elle-même. Une stomie posée après une diverticulite n’a rien à voir avec une stomie posée dans un contexte de cancer avancé.

Temporaire ou définitive : deux horizons différents

Autre point qui pèse sur le moral : votre stomie est-elle là pour quelques mois ou pour la vie ? Quand elle est temporaire, elle sert à protéger une zone d’intestin le temps qu’elle cicatrise, puis elle est refermée lors d’une seconde opération. L’Institut national du cancer indique qu’une stomie temporaire est le plus souvent fermée après 3 à 6 mois, le délai dépendant de la cicatrisation et du traitement prévu. La stomie n’est donc pas toujours un point final, et le savoir aide à traverser les premières semaines.

Une stomie digestive dérive l'intestin vers une ouverture sur le ventre, où une poche recueille les selles. Retenez trois idées avant tout le reste : c'est une solution chirurgicale, pas une maladie ; elle peut être temporaire (souvent refermée après 3 à 6 mois) ou définitive ; et aucune « espérance de vie avec une stomie » n'existe, car ce qui compte, c'est la maladie d'origine, pas la poche.

Colostomie et iléostomie : quelles différences concrètes au quotidien ?

Une question de localisation

Tout part d’un point d’anatomie très simple : à quel endroit du tube digestif l’ouverture a été faite. Une colostomie est réalisée sur le gros intestin, le côlon. Une iléostomie est réalisée plus haut, sur la dernière partie de l’intestin grêle, l’iléon. Cette différence de quelques dizaines de centimètres a des conséquences très concrètes, car le côlon sert notamment à absorber l’eau des selles. Selon l’endroit où l’intestin est abouché, ce qui arrive dans la poche n’a ni la même consistance ni le même volume.

Des selles qui n'ont pas la même consistance

Avec une colostomie, une partie du côlon continue de faire son travail : les selles ont souvent une consistance proche de la normale, plus ou moins moulée. Avec une iléostomie, le côlon est court-circuité, l’eau n’est plus réabsorbée, et les selles sont liquides ou pâteuses, en continu. Ce n’est pas un dérèglement à corriger, c’est le fonctionnement attendu quand on dérive l’intestin à ce niveau. Le comprendre évite de s’inquiéter à tort ou de chercher un « régime miracle » qui épaissirait tout.

Le débit, et pourquoi il faut le surveiller

Cette différence de consistance amène une vraie vigilance côté iléostomie. L’association AFA Crohn RCH indique que le débit d’une iléostomie se situe habituellement entre 500 millilitres et 1 litre par jour. Quand on perd autant d’eau et de sel par la poche, le risque de déshydratation devient réel. L’objectif pratique souvent retenu est de rester sous 1 litre sur 24 heures, en adaptant les boissons et les apports salés. Ce repère n’est pas une consigne à s’appliquer seul : il sert à savoir quand alerter l’équipe soignante si le débit grimpe.

Un appareillage et des conseils adaptés à chaque cas

C’est aussi pour cela qu’on ne donne pas les mêmes conseils à tout le monde. Un appareillage adapté à des selles liquides et fréquentes n’est pas celui qui convient à des selles moulées. Juste après l’opération, la stomie est souvent gonflée : l’Institut national du cancer précise qu’elle rétrécit en général après 6 à 8 semaines et que sa taille moyenne se situe autour de 2 à 4 centimètres de diamètre. Comme elle évolue les premières semaines, la découpe du support est réajustée régulièrement, avec l’aide du stomathérapeute, l’infirmier spécialisé dans l’accompagnement des personnes stomisées.

Colostomie et iléostomie : ce qui change concrètement

Repère
Consistance des selles
Débit
Vigilance principale
Repère d'alerte
Colostomie (gros intestin)
Plutôt moulées ou pâteuses
Plus faible, plus espacé
Transit, gaz, odeurs
Arrêt d'évacuation avec douleur
Iléostomie (intestin grêle)
Liquides à pâteuses, en continu
Élevé, 500 mL à 1 L par jour
Déshydratation, pertes en eau et en sel
Débit qui dépasse 1 L sur 24 h

Changer, vider, nettoyer : quelle routine simple aide à éviter les fuites et les irritations ?

La logique de base tient en quatre gestes

Au début, tout semble compliqué, puis les gestes deviennent des automatismes. La routine repose sur une logique simple : vider régulièrement, nettoyer en douceur, bien sécher, observer la peau. On vide la poche avant qu’elle ne soit trop pleine, pour éviter qu’elle ne pèse et ne se décolle. On nettoie le pourtour de la stomie à l’eau tiède, sans frotter ni utiliser de produits agressifs. On sèche soigneusement, car un support ne colle bien que sur une peau sèche. On termine en jetant un œil à la peau péristomiale, celle qui entoure l’ouverture, pour repérer toute rougeur.

Poche vidable ou non vidable : deux fonctionnements

Il existe deux grandes familles de poches, et le choix dépend surtout du type de stomie. La poche vidable se vide plusieurs fois par jour par le bas et reste en place plus longtemps ; la poche non vidable se change entièrement à chaque fois. La brochure des Hôpitaux universitaires de Genève donne des ordres de grandeur utiles pour une colostomie : une poche vidable tient environ 2 jours, tandis que les poches non vidables se changent 1 à 3 fois par jour. Pour les systèmes en deux pièces, l’AFA indique que la poche peut être remplacée chaque jour selon les besoins, le support restant en moyenne 3 à 4 jours.

La stomie ne fait pas mal quand on la touche

Une peur revient souvent au moment des soins : celle de faire mal, voire de « blesser » la stomie en la manipulant. Bonne nouvelle, la stomie est une muqueuse dépourvue de terminaisons nerveuses sensibles : la nettoyer, l’essuyer, poser le support ne provoque pas de douleur. Un léger saignement de surface au nettoyage est fréquent et sans gravité, un peu comme lorsqu’on brosse une gencive. La douleur, elle, n’est jamais normale et doit faire consulter. Pour le renouvellement du matériel, pensez d’ailleurs à anticiper vos ordonnances, en gardant en tête la durée de validité d’une ordonnance.

Le stomathérapeute ajuste, il ne juge pas

Si les fuites ou les irritations reviennent, ce n’est pas « votre faute ». C’est presque toujours le signe qu’un réglage doit être revu : découpe du support mal ajustée, peau irritée, appareillage inadapté à votre morphologie. Le rôle du stomathérapeute est précisément là, ajuster plutôt que culpabiliser. Pour la douche, rassurez-vous tout de suite : les HUG rappellent que l’eau ne peut pas entrer par la stomie, et que douche comme bain sont tout à fait possibles, avec ou sans la poche selon votre rythme d’évacuation.

La routine en 4 gestes qui limite fuites et irritations :

  • vider la poche avant qu'elle ne soit trop pleine, pour qu'elle ne pèse pas et ne se décolle pas ;
  • nettoyer le tour de la stomie à l'eau tiède, sans frotter ni produit agressif ;
  • bien sécher la peau avant de reposer le support, car il ne colle que sur une peau sèche ;
  • observer la peau péristomiale à chaque changement et signaler toute rougeur qui s'installe.

Peut-on manger de tout avec une stomie digestive ?

Pas de régime universel à vie

La première chose à entendre, c’est qu’il n’existe pas de régime unique et définitif imposé à toutes les stomies. L’idée d’une longue liste d’aliments interdits pour toujours est un mythe tenace. Après une phase de reprise prudente, la plupart des personnes réintroduisent progressivement une alimentation variée. La bonne méthode n’est pas la privation, c’est l’observation : tester un aliment, voir comment le corps réagit, adapter. Ce que vous tolérez peut d’ailleurs différer de ce que tolère votre voisin de chambre opéré le même jour.

Colostomie et iléostomie ne mangent pas pareil

Là encore, le type de stomie change la donne. Avec une iléostomie, la perte d’eau et de sodium est importante, puisque le côlon ne réabsorbe plus l’eau. L’AFA conseille dans ce cas de penser à saler suffisamment et à fractionner les repas, pour limiter les à-coups de débit et compenser les pertes. Avec une colostomie, l’enjeu tourne davantage autour du transit, des gaz et des odeurs. Dans les deux cas, l’hydratation reste centrale, et elle mérite une attention particulière quand les selles sont liquides.

La reprise se fait par étapes

Juste après l’opération, on commence souvent par une alimentation pauvre en fibres, dite pauvre en résidus, pour ménager l’intestin, avant d’élargir peu à peu. Cette logique de reprise graduée n’est pas propre à la stomie : elle ressemble à celle décrite pour la préparation d’une coloscopie avec un régime sans résidu. L’idée reste la même : soulager le tube digestif un temps, puis revenir vers le varié dès que la tolérance le permet. Rien n’est figé, tout se réajuste au fil des semaines.

Gaz, odeurs, transit : des leviers, pas des interdits

Certains aliments sont connus pour accentuer les gaz, comme les légumes de la famille des choux, les légumes secs ou les boissons gazeuses ; d’autres peuvent renforcer les odeurs, comme l’ail, l’oignon ou certains poissons. Ce ne sont pas des interdits, ce sont des repères : si un aliment vous gêne, vous l’espacez ; s’il ne vous pose pas de problème, vous le gardez. Mâcher lentement, manger à heures régulières et boire suffisamment aident bien plus qu’une liste de proscriptions. En cas de doute persistant, une diététicienne habituée aux stomies vaut mieux que n’importe quel forum.

Peut-on sortir, travailler, voyager, faire du sport ou avoir une vie intime avec une stomie ?

Sortir sans que cela se voie

C’est souvent la vraie question derrière toutes les autres : est-ce que ma vie sociale s’arrête ? La réponse est non. Avec un appareillage bien adapté, la poche est souvent discrète sous les vêtements du quotidien. Au début, la peur du regard des autres est fréquente, mais beaucoup de personnes constatent qu’elle passe inaperçue dans la plupart des situations. Repérer les toilettes en arrivant quelque part, garder de quoi vider ou changer la poche dans un sac : ces petits réflexes suffisent à retrouver de la liberté dans les sorties.

Une journée avec une stomie

Mathilde montre concrètement comment elle s’habille, se déplace, travaille et gère sa poche au fil d’une journée ordinaire. En 8 minutes, ce format de Brut aide à se représenter une vie sociale, active et intime, sans dramatiser.

Travailler, bouger, faire du sport

Reprendre le travail est possible dans la grande majorité des métiers, une fois la cicatrisation faite et l’énergie revenue. Le sport aussi : marche, natation, vélo, la plupart des activités restent ouvertes. On reste prudent avec les efforts qui sollicitent fortement les abdominaux ou les sports de contact, pour limiter le risque de hernie autour de la stomie, et une ceinture de soutien peut aider. L’activité physique n’est pas interdite, elle est adaptée. La baignade n’est pas un problème non plus, puisque l’eau n’entre pas par la stomie.

Voyager en toute tranquillité

Partir en voyage demande surtout d’anticiper le matériel. Les HUG conseillent d’emporter plus d’appareillage que nécessaire, réparti dans plusieurs bagages, et de garder ses références de produits sur soi. Ils conseillent aussi de garder, si besoin, un stoma-pass délivré par l’équipe de stomathérapie pour faciliter certains contrôles. Avec cette préparation, la plupart des destinations redeviennent envisageables.

Vie intime : un sujet qui a le droit d'exister

La vie intime n’échappe pas aux questions, et elle a toute sa place. Une stomie ne supprime pas la sexualité. L’appréhension, l’image du corps qui a changé, la peur du regard du partenaire pèsent souvent plus que la contrainte physique elle-même. Des solutions existent, comme les poches de petite taille ou les sous-vêtements adaptés, et le dialogue avec le partenaire compte autant que la technique. En parler avec le stomathérapeute ou un professionnel formé n’a rien d’incongru : c’est une part du retour à la vie normale, pas un détail gênant.

Ce qu'on emporte en sortie ou en voyage :

  • de quoi vider et changer la poche : poches de rechange, supports, compresses, sacs de collecte ;
  • les références précises de votre appareillage, pour racheter le bon matériel partout ;
  • une réserve plus large que prévu, répartie dans plusieurs bagages en voyage ;
  • si besoin, un stoma-pass délivré par l'équipe de stomathérapie pour faciliter certains contrôles.

Quels signes doivent pousser à recontacter l'équipe soignante ?

Distinguer l'adaptation normale du vrai signal

Vivre avec une stomie, c’est apprendre à faire la part entre ce qui est normal et ce qui ne l’est pas. Une peau légèrement rosée qu’on apprivoise, un débit qui varie selon les repas, quelques gaz : cela fait partie de l’adaptation. Pourtant, certains signes ne se surveillent pas à la maison, ils s’annoncent. Le principe est simple et vaut mieux que n’importe quelle liste apprise par cœur : en cas de doute, on appelle, on ne se soigne pas seul.

Les complications précoces à connaître

Dans les semaines qui suivent l’opération, plusieurs situations doivent alerter : une irritation marquée ou une plaie de la peau autour de la stomie, des fuites répétées malgré les réajustements, un saignement abondant qui ne cède pas, des signes d’infection comme une rougeur chaude et douloureuse ou de la fièvre. Côté iléostomie, un débit qui dépasse nettement 1 litre sur 24 heures annonce un risque de déshydratation et justifie un avis rapide. Ces situations se gèrent d’autant mieux qu’on les signale tôt.

Les complications plus tardives

Avec le temps, d’autres modifications peuvent apparaître autour de la stomie et méritent d’être connues, sans affoler. Une hernie péristomiale est un renflement dû au passage d’intestin sous la peau près de l’ouverture. Un prolapsus correspond à une portion d’intestin qui ressort plus que d’habitude. Une sténose est un rétrécissement de l’orifice qui gêne l’évacuation. Aucun de ces mots ne doit vous faire paniquer : ils désignent des situations fréquentes, qui se surveillent et se traitent, à condition d’en parler à l’équipe.

Le réflexe qui prime sur tout

Face à une douleur inhabituelle, une absence d’émission de selles et de gaz accompagnée de ballonnement et de nausées, une fièvre ou une dégradation rapide de l’état général, le bon geste est de contacter sans attendre le stomathérapeute, le service qui vous suit ou, en cas de signe brutal, les urgences. Vous n’avez pas à trancher seul entre le bénin et le grave. Signaler tôt, c’est offrir le maximum de marge pour agir. C’est le même réflexe que face à des symptômes digestifs inexpliqués, comme du sang rouge ou noir dans les selles.

Quand appeler le stomathérapeute ou l'équipe soignante sans attendre :

  • fuites répétées, irritation marquée ou plaie de la peau autour de la stomie ;
  • débit d'iléostomie qui dépasse nettement 1 litre sur 24 heures, avec soif intense ou fatigue ;
  • douleur inhabituelle, fièvre, saignement abondant, signes d'infection ;
  • arrêt d'émission de selles et de gaz avec ventre ballonné, douleurs et nausées.

Comment reprendre confiance et gagner en autonomie sans se mettre la pression ?

L'autonomie s'apprend, elle ne se décrète pas

Personne ne devient autonome avec sa stomie du jour au lendemain, et c’est parfaitement normal. Les premiers changements de poche sont hésitants, parfois ratés, puis la main prend l’habitude. L’autonomie est progressive, pas immédiate, et se tromper au début fait partie de l’apprentissage. Se fixer comme objectif d’y arriver « tout de suite et parfaitement » est le meilleur moyen de se décourager. Un geste après l’autre suffit.

Le corps a changé, la vie continue

Il serait malhonnête de nier le choc psychologique. Voir son corps modifié, apprivoiser cette nouvelle image, accepter le regard qu’on porte soi-même sur la poche : cela demande du temps, et ce temps n’est pas une faiblesse. Beaucoup de personnes décrivent un cheminement, des premières semaines difficiles vers un quotidien qui redevient fluide. La stomie prend de moins en moins de place dans la tête à mesure qu’elle en prend moins dans les gestes.

S'appuyer sur les bonnes ressources

On ne traverse pas cela seul. Le stomathérapeute reste l’interlocuteur clé pour ajuster le matériel et répondre aux questions pratiques. Les proches, une fois informés, deviennent souvent un vrai soutien. Les associations de patients, elles, offrent quelque chose que le corps médical ne remplace pas : l’échange avec des personnes qui vivent la même chose. Côté prise en charge, l’AFA rappelle qu’en affection de longue durée, dispositif appelé ALD, l’appareillage est remboursé à 100 % en France, ce qui lève une inquiétude matérielle fréquente.

Viser des repères, pas la performance

Le but n’est pas de « réussir sa stomie » comme on réussirait un examen. Le but est de retrouver des repères qui vous rendent la vie plus simple : une routine qui tient, un matériel bien ajusté, des personnes à qui demander de l’aide. Certains, avec une colostomie à gauche, apprennent même l’irrigation colique, une technique qui permet de vider l’intestin et de rester tranquille 48 à 72 heures selon les HUG, mais elle ne convient qu’à certains profils et s’apprend en consultation. La vraie autonomie, c’est de savoir ce qui marche pour vous, et quand demander de l’aide.

Colostomie et iléostomie comparées sur quatre repères : consistance des selles, débit, hydratation et signes de vigilance

Stomie digestive : les repères à garder pour reprendre la main sur vos journées

Si vous ne deviez retenir que quelques idées, ce seraient celles-ci. Une stomie digestive modifie des gestes, pas votre valeur ni la plupart de vos possibilités : on peut manger varié, sortir, travailler, voyager, faire du sport et avoir une vie intime, à condition d’adapter et de s’équiper. La différence entre colostomie et iléostomie n’est pas un détail de vocabulaire : elle commande la consistance des selles, le débit, l’hydratation et donc les conseils qui vous concernent vraiment.

Le reste tient à un tri simple, entre ce qui relève de l’adaptation normale et ce qui doit vous faire décrocher le téléphone. Une routine régulière, une peau surveillée, un matériel bien réglé évitent la plupart des tracas ; une douleur, une fièvre, des fuites qui persistent ou un débit qui s’emballe imposent d’appeler. Le stomathérapeute est votre allié, pas un juge : le solliciter tôt, c’est gagner du confort et de la sérénité. La poche n’est pas la fin d’une vie normale, c’est le début d’une vie réorganisée, où vous reprenez la main un geste après l’autre.

Sources de cet article

  • Institut national du cancer, « La stomie digestive », cancer.fr
  • AFA Crohn RCH, « Qu'est-ce qu'une stomie ? », afa.asso.fr
  • Hôpitaux universitaires de Genève, brochure « Conseils aux personnes colostomisées », hug.ch
  • Sim Santé, « Comment prendre soin de sa stomie », simsante.fr

Concertation-depistage.fr est un site d'information et ne donne ni avis médical ni diagnostic. En cas de doute sur votre état de santé, consultez votre médecin traitant.

Stomie digestive : vos questions fréquentes

Peut-on travailler avec une stomie digestive ?

Oui, la reprise du travail est possible dans de nombreux cas, une fois la cicatrisation obtenue et l’énergie revenue. Les emplois de bureau posent rarement problème ; pour les métiers physiques sollicitant fortement les abdominaux, des adaptations et parfois une ceinture de soutien peuvent être utiles. Si besoin, le médecin du travail peut aider à ajuster le poste et le rythme de reprise.

Combien de temps garde-t-on une stomie provisoire ?

Une stomie temporaire est le plus souvent refermée après 3 à 6 mois, selon l’Institut national du cancer, le délai dépendant de la cicatrisation et du traitement prévu. Dans certains cas particuliers, la fermeture peut être envisagée plus tôt, dès 7 jours, lorsque la radiographie de contrôle de la zone recousue est normale. Ce n’est pas un calendrier garanti pour tous : seule votre équipe chirurgicale peut préciser votre échéance.

Peut-on se doucher ou se baigner avec une poche ?

Oui, sans crainte. Les HUG et Sim Santé rappellent que l’eau ne peut pas entrer par la stomie : douche, bain, piscine et mer sont possibles. On peut se doucher avec la poche en place, ou sans elle selon le rythme d’évacuation et le moment choisi dans la journée. L’eau et, si besoin, un savon doux ou neutre conviennent pour la toilette ; il faut surtout bien sécher la peau et éviter les produits agressifs autour de la stomie. Il suffit ensuite de reposer un support propre.

Peut-on encore avoir des selles avec une stomie ?

Les selles existent toujours, elles sortent simplement par la stomie et non par l’anus. Leur aspect dépend du type de stomie : plutôt moulées avec une colostomie, liquides ou pâteuses et continues avec une iléostomie. Ce n’est pas un dérèglement, c’est la conséquence directe de l’endroit où l’intestin a été dérivé. La poche recueille ces selles au fil de la journée, et on la vide ou la change selon le rythme.

Peut-on péter avec une stomie ?

Oui, les gaz continuent d’exister, mais ils ne sortent plus par les voies naturelles : ils passent par la stomie et se recueillent dans la poche. Selon le modèle d’appareillage, certaines poches sont munies d’un filtre qui aide à évacuer les gaz plus discrètement. On ne contrôle pas volontairement leur passage, comme on ne contrôle plus l’évacuation des selles. Certains aliments augmentent les gaz, mais il ne s’agit pas d’un problème médical, seulement d’un fonctionnement à apprivoiser.

Comment s'habiller avec une stomie sans comprimer la poche ?

La plupart des vêtements restent portables, y compris les jeans et les tenues ajustées, à condition d’éviter une ceinture qui appuie pile sur la stomie. Les vêtements taille haute ou légèrement souples au niveau du ventre sont souvent plus confortables. Il existe aussi des sous-vêtements et des ceintures conçus pour maintenir la poche discrètement. Une fois l’appareillage bien ajusté, la poche reste souvent peu visible sous les vêtements, et chacun trouve progressivement les coupes qui lui conviennent le mieux.

Qui peut changer une poche de stomie au début ?

Dans les premiers temps, une infirmière assure ou accompagne les changements, souvent à domicile, le temps que vous preniez confiance. Le stomathérapeute, infirmier spécialisé, vous apprend les gestes pas à pas. Progressivement, la plupart des personnes deviennent autonomes, et les proches peuvent aussi être formés pour aider si besoin. Rien ne presse : l’autonomie s’installe à votre rythme, sans obligation d’y arriver du jour au lendemain.

Comment éviter les fuites de stomie ?

Les fuites viennent presque toujours d’un support mal ajusté ou d’une peau mal préparée, pas d’une fatalité. Une découpe adaptée à la taille exacte de la stomie, une peau propre et parfaitement sèche avant la pose, un changement avant que la poche ne soit trop pleine limitent fortement le risque. Des accessoires comme la pâte ou les anneaux améliorent l’étanchéité. Si les fuites se répètent malgré cela, c’est un réglage à revoir avec le stomathérapeute, jamais une faute de votre part.