Le pessaire fait partie des solutions proposées en cas de prolapsus, avant, en complément ou parfois à la place d’une chirurgie. Ce petit dispositif se place à l’intérieur du vagin pour soutenir les organes pelviens descendus. Il soulage la sensation de pesanteur sans acte opératoire et reste réversible. Encore faut-il savoir le poser, le retirer et l’entretenir correctement.
Les questions reviennent presque toujours les mêmes en consultation. Combien de temps garder son pessaire anneau ? Peut-on dormir avec ? Faut-il vraiment le retirer chaque soir ? Ce guide détaille chaque étape, du choix du modèle au nettoyage, en passant par le suivi.
Sommaire
Quels sont les différents types de pessaires ?
Comment choisir la bonne taille de pessaire ?
Comment savoir si le pessaire est bien placé ?
Combien de temps peut-on garder un pessaire ?
Comment nettoyer un pessaire ?
Vivre au quotidien avec un pessaire
Quels sont les effets secondaires du pessaire ?
Le pessaire est-il vraiment efficace ?
Avantages et inconvénients du pessaire
Quel pessaire choisir pour une descente d’organe ?
Les erreurs à éviter avec un pessaire
Qu'est-ce qu'un pessaire ?
Définition du pessaire vaginal
Le pessaire vaginal est un dispositif médical souple, introduit dans le vagin. Il soutient les parois vaginales et les organes pelviens descendus. La plupart des modèles actuels sont fabriqués en silicone médical, même si certains pessaires peuvent être réalisés dans d'autres matériaux. Le silicone est généralement privilégié pour sa durabilité et sa bonne tolérance. Il se nettoie facilement.
Il en existe de nombreuses formes. Anneau, cube, donut ou Gellhorn répondent chacun à des besoins différents. La taille varie également selon les modèles. Le choix dépend du type de prolapsus, de l'anatomie, des symptômes et du mode de vie.
Comment fonctionne un pessaire ?
Le principe reste principalement mécanique. Le dispositif prend appui sur les parois du vagin et aide à maintenir les organes pelviens dans une position plus favorable. Il peut notamment soutenir la vessie, l'utérus ou le rectum selon le type de prolapsus. La sensation de pesanteur peut diminuer rapidement après la mise en place.
Un pessaire ne renforce pas directement les muscles du périnée. Il ne fait pas non plus disparaître définitivement la cause du relâchement des tissus. Son action cesse lorsqu'il est retiré. Il constitue donc un traitement conservateur qui soulage les symptômes, mais ne corrige pas définitivement le prolapsus.
Pessaire et descente d'organes
La descente d'organes désigne le déplacement vers le bas d'un ou plusieurs organes pelviens. On parle de cystocèle lorsque la vessie fait saillie vers la paroi avant du vagin. La rectocèle correspond à une saillie du rectum vers la paroi arrière. L'hystérocèle désigne quant à elle la descente de l'utérus.
Le pessaire pour prolapsus peut être proposé dans ces différentes situations. Il agit surtout sur les symptômes gênants plutôt que sur la correction anatomique définitive. Certaines femmes retrouvent un vrai confort alors que le prolapsus reste présent. D'autres gardent une gêne résiduelle malgré un dispositif bien posé et bien toléré.
Pessaire et incontinence urinaire
Des modèles spécifiques peuvent être utilisés dans l’incontinence urinaire d’effort. Ils apportent un soutien au niveau de l’urètre pendant les efforts. Les fuites déclenchées par la toux, les éternuements ou certaines activités physiques peuvent alors diminuer. Ces pessaires peuvent notamment être portés pendant l’activité sportive, puis retirés ensuite.
Il faut toutefois savoir que la correction d’un prolapsus par pessaire peut parfois faire apparaître ou révéler une incontinence urinaire qui était auparavant masquée par la descente d’organes. Un autre modèle peut alors être proposé après réévaluation.
Dans quels cas utilise-t-on un pessaire ?
Le dispositif est envisagé dans plusieurs contextes :
- prolapsus symptomatique, quel que soit son stade, selon la situation ;
- descente d’organes chez une femme âgée ou fragile ;
- gêne persistante après un accouchement, en complément de la prise en charge adaptée ;
- souhait d’éviter, de retarder ou de compléter une intervention chirurgicale ;
- attente d’une opération déjà programmée ;
- situation dans laquelle une chirurgie n’est pas souhaitée ou n’est pas adaptée.
Le pessaire constitue une option non chirurgicale qui peut être utilisée seule ou associée à la rééducation. Il peut également servir de test lorsque l’on souhaite vérifier si les symptômes sont bien liés au prolapsus. En revanche, la réponse au pessaire ne permet pas à elle seule de garantir le résultat d’une éventuelle chirurgie.
Quels sont les différents types de pessaires ?
Le pessaire anneau
Le pessaire anneau reste le modèle le plus couramment proposé en première intention. Il est souple et peut être plié pour faciliter la pose et le retrait. Il existe en version simple ou avec support.
L'anneau avec support peut apporter un maintien supplémentaire et être proposé notamment dans certaines cystocèles. L'anneau simple convient fréquemment aux prolapsus moins importants. Son principal atout tient à l'autonomie qu'il peut permettre au quotidien.
Ce modèle connaît toutefois ses limites. Il peut s'expulser lors d'un effort ou d'une poussée aux toilettes. Un vagin plus large ou un prolapsus plus important peut également rendre son maintien insuffisant. Un autre modèle peut alors être proposé après réévaluation.
Le pessaire cube
Le pessaire cube se présente comme un petit cube comportant des faces creuses. Ces cavités permettent un effet de succion contre les parois vaginales. Le maintien obtenu peut être plus important que celui d'un anneau. Il peut notamment être proposé lorsque le prolapsus est plus avancé ou lorsqu'un anneau ne tient pas suffisamment.
La plupart des cubes sont équipés d'un cordon de retrait. Ce cordon ne sert pas à tirer brutalement sur le dispositif. Il aide à le repérer et peut servir à rompre l'effet de succion avant le retrait. Le geste s'apprend lors du premier appareillage.
Le cube nécessite habituellement un retrait et un nettoyage quotidiens lorsqu'il est autogéré. Cette précaution limite notamment les complications liées au contact prolongé avec la muqueuse. Il suppose une bonne dextérité et une autonomie suffisante.
Les autres formes de pessaires
D’autres modèles complètent la gamme disponible :
- le pessaire donut, épais et arrondi, pour certains prolapsus plus marqués ;
- le pessaire Gellhorn, en forme de champignon, très stabilisant ;
- le pessaire en coupe ou dish, adapté à certaines situations, notamment lorsqu’une incontinence urinaire d’effort est associée ;
- les modèles dédiés à l’incontinence urinaire d’effort.
Ces formes sont moins courantes mais rendent de vrais services. Le Gellhorn peut notamment être proposé lorsque les modèles plus simples ne suffisent pas. Son retrait peut en revanche être plus difficile. Il peut alors être géré par le professionnel de santé en consultation.
Pessaire anneau ou cube : lequel choisir ?
Critère
Pessaire anneau
Pessaire cube
Ce tableau ne remplace pas un essayage réel. Deux femmes présentant un prolapsus comparable ne tolèrent pas forcément le même dispositif. L'essai en consultation reste essentiel. Plusieurs modèles peuvent être testés avant de trouver le bon compromis.
Comment choisir la bonne taille de pessaire ?
La taille du pessaire dépend du modèle et de ses dimensions. Elle est déterminée lors d’un examen gynécologique. Le professionnel évalue notamment l’anatomie, le prolapsus et la capacité du dispositif à rester en place. Il choisit ensuite une taille qui soutient correctement les organes sans comprimer les tissus.
Un bon pessaire ne doit normalement pas être ressenti une fois correctement positionné. La femme doit pouvoir marcher, uriner et réaliser ses activités quotidiennes sans douleur ni gêne importante. Un essai en position debout et lors d’un effort de toux peut aider à vérifier son maintien.
Plusieurs signes peuvent traduire une taille ou une forme inadaptée :
- pessaire trop petit : il glisse, tombe ou ne soutient pas suffisamment ;
- pessaire trop grand : il peut comprimer, faire mal ou gêner la miction ;
- pessaire qui descend à l’effort : le maintien est insuffisant ;
- pessaire qui irrite : la pression ou le contact avec la muqueuse sont mal tolérés.
Choisir seule sa taille sur internet expose à un risque de dispositif inadapté. Le premier appareillage doit donc être réalisé avec un professionnel formé. Les manipulations suivantes peuvent ensuite devenir beaucoup plus simples pour les femmes qui souhaitent être autonomes.
Comment mettre un pessaire ?
Quelle position adopter ?
Trois positions peuvent convenir selon les morphologies. Beaucoup de femmes préfèrent la position allongée, genoux fléchis et écartés. D'autres réussissent mieux accroupies ou debout avec un pied posé sur une chaise. L'important est de choisir une position confortable permettant de relâcher le périnée.
Le moment de la journée peut également faciliter le geste. La pose peut être réalisée le matin, avant les activités. Un peu de lubrifiant à base d'eau peut faciliter l'insertion, notamment après la ménopause si la muqueuse est sèche.
Comment mettre un pessaire anneau ?
Se laver soigneusement les mains à l’eau et au savon.
Appliquer un peu de lubrifiant sur le bord de l’anneau si nécessaire.
Plier l’anneau au niveau prévu à cet effet, selon le modèle.
Écarter légèrement les lèvres avec l’autre main.
Introduire l’anneau plié dans le vagin, en direction de l’arrière.
Le pousser doucement jusqu’à sa position correcte.
Relâcher la pression pour qu’il reprenne sa forme.
Vérifier au doigt qu’il est correctement positionné derrière le pubis.
Le pessaire doit se bloquer en arrière du pubis. Il ne doit pas être placé trop bas. Après la pose, il ne doit normalement provoquer ni douleur ni gêne importante.
Comment mettre un pessaire cube ?
Se laver les mains, puis lubrifier légèrement le cube si nécessaire.
Comprimer le cube entre le pouce et l’index.
L’introduire comprimé dans le vagin, en direction de l’arrière.
Le pousser doucement jusqu’à la position adaptée.
Relâcher la pression pour permettre aux faces de prendre appui sur les parois.
Laisser le cordon de retrait accessible.
L’effet de succion se crée lorsque le cube reprend sa forme. Il ne doit pas être placé trop bas dans le vagin. Une position incorrecte peut provoquer une gêne ou un maintien insuffisant. Le cordon doit rester accessible, mais il ne faut jamais tirer brutalement dessus.
Peut-on mettre un pessaire soi-même ?
Oui, dans de nombreux cas et après apprentissage. La première pose est généralement réalisée par le professionnel en consultation. Elle s'accompagne d'une démonstration puis, si possible, d'un apprentissage de la manipulation. De nombreuses femmes deviennent ensuite autonomes.
Certaines situations rendent l'autogestion difficile. Une arthrose des mains, une mobilité réduite ou certaines difficultés physiques peuvent compliquer le geste. Le suivi est alors davantage assuré en consultation. Le rythme des rendez-vous s'adapte au modèle, à la capacité de manipulation et à la tolérance.
Comment savoir si le pessaire est bien placé ?
Un pessaire correctement posé ne doit normalement pas être gênant. La marche, la position assise et la miction restent naturelles. Aucune douleur persistante ni sensation importante de corps étranger ne doit être présente. La pesanteur vaginale ressentie avant la pose peut alors diminuer nettement.
Plusieurs signaux doivent au contraire alerter :
- une douleur ou une forte pression dès la pose ;
- une difficulté nouvelle à uriner ou à vider la vessie ;
- une difficulté inhabituelle à aller à la selle ;
- un dispositif qui descend jusqu’à l’entrée du vagin ;
- une expulsion répétée lors des efforts du quotidien.
Ces signes peuvent traduire un problème de taille, de forme ou de position. Ils peuvent aussi révéler que le modèle ne correspond pas suffisamment à l’anatomie. Une nouvelle consultation permet d’essayer un autre diamètre ou un autre modèle. Il ne faut jamais forcer ni supporter une douleur en attendant.
Combien de temps peut-on garder un pessaire ?
La durée de port dépend du modèle, de la façon dont il est géré et de la situation de chaque femme. Il n’existe pas une règle unique imposant de retirer tous les pessaires chaque soir. Certains peuvent être portés de manière continue, tandis que d’autres nécessitent un retrait plus fréquent. Les consignes sont fixées par le professionnel lors de la pose.
Les repères habituels peuvent être les suivants :
- pessaire anneau autogéré : retrait et nettoyage selon les consignes données, pouvant être quotidien, hebdomadaire ou plus espacé ;
- pessaire anneau suivi en consultation : il peut rester en place plusieurs semaines ou plusieurs mois, avec des contrôles réguliers ;
- pessaire cube : retrait et nettoyage généralement quotidiens ;
- pessaire Gellhorn : suivi et manipulation adaptés au modèle et à l’autonomie de la patiente.
Beaucoup de femmes gardent leur anneau toute la journée sans difficulté. Le port nocturne peut être possible avec certains modèles lorsque le professionnel l’a validé. Le cube est habituellement retiré chaque jour afin d’être nettoyé et de permettre la surveillance de la muqueuse.
Le nettoyage accompagne chaque retrait. Pour un anneau laissé plusieurs semaines ou plusieurs mois, le nettoyage et le contrôle sont réalisés selon les consignes du professionnel. La HAS indique notamment qu’un pessaire anneau peut rester en place plusieurs semaines voire plusieurs mois, avec un rythme de nettoyage adapté à la capacité de manipulation.
Un pessaire peut être utilisé pendant plusieurs années. Pour les modèles en silicone, la HAS indique une durée d’utilisation généralement autour de 2 à 3 ans, avec remplacement plus précoce en cas de fissuration, cassure ou modification de son aspect.
Comment enlever un pessaire ?
Comment retirer un pessaire anneau ?
Se laver les mains et reprendre une position confortable.
Introduire l’index et repérer le bord de l’anneau.
Crocheter doucement le bord avec le doigt.
Tirer progressivement vers l’extérieur.
Pincer ou replier l’anneau pendant sa sortie si nécessaire.
Accompagner le mouvement sans forcer.
Le geste demande parfois un peu de pratique au début. Une poussée abdominale douce peut aider certaines femmes à faire descendre l’anneau à portée de doigt. La position accroupie peut également faciliter le retrait. Si le dispositif ne sort pas facilement, il ne faut pas insister.
Comment retirer un pessaire cube ?
Le retrait du cube exige une étape supplémentaire. L'effet ventouse doit d'abord être rompu avant de retirer le dispositif. Le cordon peut être utilisé pour exercer une légère traction sur une alvéole afin de faire entrer de l'air et de déventouser le cube. Il est également possible de passer doucement un doigt entre le cube et la paroi vaginale.
Une fois la succion rompue, le cube peut être saisi et retiré doucement. Tirer directement et fortement sur le cordon sans rompre l'aspiration peut être douloureux et risque d'irriter la muqueuse. En cas de blocage, mieux vaut demander conseil au professionnel plutôt que forcer.
Comment nettoyer un pessaire ?
Le nettoyage du pessaire est généralement simple. De l’eau et un savon doux suffisent. Le dispositif est nettoyé délicatement puis soigneusement rincé. Il est ensuite séché avant d’être remis en place ou rangé.
Plusieurs pratiques sont à éviter :
les antiseptiques et désinfectants, sauf avis médical explicite ;
l’eau très chaude ou bouillante, qui peut altérer certains matériaux ;
les savons parfumés ou agressifs ;
les produits abrasifs et les brosses dures ;
les méthodes de stérilisation non prévues par le fabricant.
Le pessaire se range dans un contenant propre et sec lorsqu’il est retiré pour une période prolongée. Chaque nettoyage offre l’occasion d’inspecter le dispositif. Une fissure, une cassure ou une modification importante de son aspect justifient son remplacement. Il est inutile de le stériliser.
Vivre au quotidien avec un pessaire
Marche, sport et activités
La marche ne pose généralement aucun problème avec un dispositif bien posé. Le sport reste possible dans la grande majorité des cas. Certaines femmes portent même un pessaire principalement pendant une activité physique. Les efforts ne sont pas systématiquement interdits.
Une expulsion ou une gêne pendant le sport peut toutefois révéler que le modèle ou la taille ne convient pas parfaitement. Une réévaluation permet alors d'adapter le dispositif.
Peut-on dormir avec un pessaire ?
La réponse dépend du modèle et des consignes données par le professionnel. Certains pessaires, notamment l'anneau, peuvent être laissés en place plusieurs semaines ou plusieurs mois lorsqu'ils sont correctement tolérés et surveillés. Le cube, lui, est habituellement retiré chaque jour pour être nettoyé et permettre de surveiller la muqueuse.
Certaines femmes préfèrent enlever leur anneau régulièrement. Cette organisation peut faciliter le nettoyage et l'autosurveillance. Le port continu ou intermittent se discute au cas par cas avec le praticien.
Peut-on avoir des rapports sexuels avec un pessaire ?
Le pessaire anneau peut généralement rester en place pendant les rapports sexuels si cela est confortable. Beaucoup de femmes ne ressentent aucune gêne particulière. Il reste également possible de le retirer avant, puis de le remettre ensuite.
Le cube, le donut et le dish doivent en revanche être retirés avant un rapport avec pénétration, car ils laissent moins d’espace dans le vagin. Un lubrifiant peut être utile, notamment après la ménopause. Les rapports sexuels restent compatibles avec la prise en charge d’un prolapsus.
Pessaire et hygiène intime
Le port d'un pessaire augmente souvent les pertes vaginales. Ces sécrétions peuvent être normales avec le dispositif. Elles deviennent préoccupantes si leur couleur, leur odeur ou leur aspect change, ou si elles s'accompagnent de démangeaisons ou de douleurs. Des pertes malodorantes justifient un avis médical.
Après la ménopause, la muqueuse devient plus fine et plus fragile. Un traitement local par œstrogènes peut être proposé par le professionnel chez certaines femmes afin d'améliorer la tolérance du pessaire. Il ne doit cependant pas être présenté comme systématique. Un lubrifiant à base d'eau peut également aider en cas de sécheresse.
L'hygiène quotidienne reste très simple. Une toilette externe à l'eau et au savon doux suffit. Les douches vaginales sont déconseillées, avec ou sans pessaire. Elles peuvent perturber l'équilibre naturel de la flore vaginale.
Quels sont les effets secondaires du pessaire ?
Le pessaire est globalement bien toléré. Des effets indésirables existent néanmoins, surtout lorsque le dispositif est mal adapté ou que le suivi est insuffisant.
Les manifestations possibles sont les suivantes :
- gêne, pression ou inconfort vaginal ;
- pertes vaginales plus abondantes ;
- irritation ou sécheresse de la muqueuse ;
- petits saignements de contact ;
- érosion ou ulcération vaginale ;
- infections ou pertes malodorantes ;
- difficultés à uriner ;
- expulsions répétées du dispositif.
La plupart de ces problèmes nécessitent une réévaluation du dispositif. Un changement de taille ou de forme peut suffire. Un traitement local peut parfois être proposé chez la femme ménopausée. En cas d’irritation ou d’érosion, le professionnel peut recommander le retrait temporaire du pessaire et adapter la prise en charge.
Quand faut-il consulter rapidement ?
Certains signes imposent un avis médical sans attendre :
douleur pelvienne ou vaginale importante ;
saignement inhabituel ou persistant ;
difficulté importante ou impossibilité d’uriner ;
pessaire impossible à retirer ;
pertes malodorantes ;
fièvre associée à des symptômes gynécologiques ;
irritation ou douleur qui persiste malgré le retrait.
Aucun de ces signaux ne doit être banalisé. Une érosion ou une ulcération négligée peut s’aggraver. Un pessaire oublié pendant une longue période sans suivi expose notamment à des complications locales et, dans les cas négligés, à une incarcération dans les tissus vaginaux. Le suivi régulier reste donc essentiel.
Le pessaire est-il vraiment efficace ?
Les données disponibles montrent une amélioration des symptômes chez de nombreuses femmes. La sensation de boule, la pesanteur et l'inconfort peuvent diminuer rapidement. La HAS indique que le pessaire soulage quasi immédiatement la sensation de boule associée au prolapsus dans environ 70 à 80 % des cas.
Le pessaire ne guérit pas le prolapsus. Il ne remet pas définitivement les tissus dans leur état antérieur. Il permet cependant de maintenir les organes pelviens dans une position plus favorable et de réduire la gêne quotidienne. Les symptômes peuvent réapparaître après le retrait du dispositif.
Pessaire, rééducation ou chirurgie ?
Ces trois approches sont complémentaires plutôt que systématiquement concurrentes.
– La rééducation périnéale peut améliorer les symptômes et la qualité de vie dans certaines situations. Elle peut être proposée seule, notamment dans certains prolapsus modérés, ou associée au port d’un pessaire.
– La chirurgie s’envisage lorsque les symptômes restent importants malgré les traitements conservateurs, ou selon les préférences et la situation de la patiente. Elle vise une correction anatomique, mais comporte ses propres risques et ne garantit pas l’absence de récidive.
– Le pessaire peut permettre d’attendre une intervention ou de l’éviter lorsqu’il apporte un soulagement satisfaisant. Le choix appartient à la patiente, après discussion avec son équipe soignante.
Avantages et inconvénients du pessaire
Les bénéfices avancés sont nombreux :
solution non chirurgicale, sans anesthésie ni hospitalisation ;
soulagement souvent rapide des symptômes ;
dispositif entièrement réversible, retirable à tout moment ;
reprise possible de la marche, du sport et des loisirs ;
option adaptée à de nombreuses femmes qui souhaitent éviter ou différer une chirurgie ;
possibilité d’utilisation temporaire ou au long cours.
Les contraintes existent également :
nécessité d’un suivi médical adapté ;
entretien et nettoyage à assumer soi-même lorsque le pessaire est autogéré ;
risque d’irritation ou d’érosion vaginale ;
plusieurs essais parfois nécessaires avant de trouver le bon modèle ;
expulsions possibles lors des efforts ;
retrait difficile pour certaines femmes.
Le bilan penche largement du côté positif pour beaucoup de patientes. La contrainte principale tient à la régularité du suivi et de l’entretien. Une femme bien informée et bien accompagnée peut devenir autonome. L’essai mérite d’être envisagé avant une éventuelle décision chirurgicale.
Quel pessaire choisir pour une descente d'organe ?
Situation
Pessaire pouvant être proposé
Ce tableau donne des repères, pas une prescription. Le stade du prolapsus n'est qu'un critère parmi plusieurs. L'anatomie, les symptômes, la dextérité, le mode de vie et la capacité à manipuler le dispositif pèsent également. Deux femmes au même stade peuvent recevoir deux modèles différents.
Les erreurs à éviter avec un pessaire
- acheter un modèle et une taille au hasard sur internet ;
- garder le dispositif pendant une longue période sans le moindre contrôle ;
- négliger le nettoyage selon les consignes données ;
- ignorer une douleur en espérant qu’elle passe ;
- banaliser des saignements ou des pertes malodorantes ;
- tirer en force sur le cordon d’un pessaire cube ;
- laisser un pessaire cube en place au-delà de la durée recommandée ;
- croire qu’un pessaire guérit définitivement le prolapsus.
La plupart des complications sérieuses sont favorisées par un suivi insuffisant ou interrompu. Un déménagement, un changement de médecin ou une lassitude peuvent conduire à négliger les contrôles. Noter la date du prochain rendez-vous dans un agenda aide beaucoup. Ce réflexe simple contribue à prévenir les complications.
Prix, remboursement et achat d'un pessaire
Un pessaire en silicone coûte généralement quelques dizaines d'euros. Le prix varie selon la forme, la marque et le distributeur. Le dispositif peut être obtenu auprès de professionnels ou de fournisseurs de matériel médical, selon le modèle.
La prise en charge dépend du dispositif et de sa situation réglementaire. Les conditions de remboursement ne doivent donc pas être présentées comme identiques pour tous les pessaires. Le professionnel ou le pharmacien peut renseigner précisément sur les modalités applicables, le tarif et l'éventuel reste à charge.
Conclusion
Le pessaire offre une réponse concrète et non chirurgicale à la descente d’organes. Bien choisi, correctement posé et suivi, il peut redonner du confort sans bouleverser le quotidien. L’anneau est très fréquemment proposé, tandis que le cube et d’autres formes peuvent être utilisés lorsque davantage de maintien est nécessaire. La réussite repose sur plusieurs éléments : la bonne taille, un entretien adapté et un suivi médical régulier.
Le premier appareillage se fait généralement avec un professionnel de santé. Un gynécologue, une sage-femme ou, selon les situations, un autre professionnel formé à cette prise en charge déterminent le modèle adapté. Ils accompagnent ensuite l’apprentissage de la pose et du retrait lorsque la patiente souhaite devenir autonome. Cette étape conditionne largement la tolérance sur le long terme.
Sources
- Haute Autorité de santé (HAS) – Le pessaire gynécologique : à quoi ça sert ? Comment l’utiliser ? : choix du pessaire, pose, retrait, entretien, durée d’utilisation et complications. Consulter la fiche de la HAS
- Haute Autorité de santé (HAS) – Prolapsus génital de la femme : prise en charge thérapeutique : recommandations concernant les traitements conservateurs, le pessaire, la rééducation et la chirurgie. Consulter les recommandations HAS
- Assurance Maladie (ameli.fr) – Traitement du prolapsus génital : informations sur le pessaire, son utilisation, le choix du modèle et le suivi.
Vos questions fréquentes
Est-ce douloureux de poser ou de retirer un pessaire ?
La pose ne doit pas être douloureuse. Une gêne passagère peut être ressentie lors des premiers essais. Le retrait peut demander un peu de pratique, notamment avec un cube. Une douleur franche ou persistante signale un problème qui doit être évalué.
Que faire si le pessaire tombe aux toilettes ?
Une expulsion peut arriver, notamment lors d'un effort de poussée. Il faut récupérer le dispositif, le nettoyer correctement puis suivre les consignes données pour sa remise en place. Une expulsion répétée indique qu'une nouvelle évaluation du modèle ou de la taille est nécessaire.
Peut-on porter un pessaire toute sa vie ?
Oui, le port au long cours est possible chez certaines femmes. Beaucoup utilisent leur dispositif pendant plusieurs années. Le suivi doit simplement rester régulier et le pessaire être remplacé lorsqu'il présente des signes d'usure ou selon les recommandations du fabricant et du professionnel.
Peut-on uriner et aller à la selle normalement ?
Dans la plupart des cas, les fonctions restent normales. Le pessaire ne doit pas provoquer de difficulté à vider la vessie. Une difficulté nouvelle à uriner, une sensation de blocage ou des troubles intestinaux apparus après la pose doivent conduire à demander un avis.
Peut-on garder un pessaire pendant les règles ?
Le port reste généralement possible pendant les règles, notamment avec un pessaire anneau. Pour certains modèles comme le cube ou le donut, les modalités d’entretien peuvent nécessiter des retraits et nettoyages plus fréquents. Les tampons peuvent également être difficiles à utiliser avec certains pessaires.


