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La DMLA sèche représente la forme la plus fréquente de dégénérescence maculaire liée à l'âge. Elle évolue lentement, souvent sur plusieurs années. Les patients cherchent un nouveau traitement de la DMLA sèche en 2026. Le sujet mérite beaucoup de nuance, car les situations diffèrent selon les pays. Cet article fait le point sur la situation française en 2026.

Depuis 2023, deux médicaments ciblant l'atrophie géographique sont autorisés aux États-Unis. L'Agence européenne des médicaments a suivi un chemin très différent. Aucun médicament de la DMLA atrophique n'est autorisé en Europe à ce jour. Cette différence explique une grande partie de la confusion actuelle. Elle mérite d'être expliquée simplement, sans fausse promesse.

La recherche progresse pourtant sur plusieurs fronts à la fois. Thérapie génique, thérapie cellulaire et nouveaux inhibiteurs du complément sont à l'étude. Des équipes françaises participent activement à ces travaux. Nous verrons ce qui existe, ce qui est autorisé et ce qui reste expérimental. L'objectif est simple : séparer les faits des espoirs.

Qu'est-ce que la DMLA sèche ?

La DMLA touche la macula, la zone centrale de la rétine. Cette petite région permet de lire, de conduire et de reconnaître les visages. Son atteinte provoque une gêne progressive de la vision centrale. La vision périphérique reste généralement préservée. La maladie apparaît le plus souvent après 50 ans.

La forme sèche se caractérise notamment par l'accumulation de drusen sous la rétine. Ces dépôts perturbent le fonctionnement de l'épithélium pigmentaire rétinien. Les cellules visuelles se fragilisent alors peu à peu. L'évolution reste souvent lente pendant de nombreuses années. Certains patients conservent longtemps une acuité visuelle satisfaisante.

DMLA sèche ou DMLA atrophique : quelle différence ?

Les termes prêtent souvent à confusion dans les documents médicaux. La DMLA non exsudative désigne l'ensemble des formes sans néovaisseaux. La DMLA atrophique correspond à une forme plus avancée de cette maladie. Les cellules rétiniennes y ont déjà commencé à disparaître. Le vocabulaire varie donc selon le stade de la maladie.

L'évolution n'est jamais identique d'un patient à l'autre. Certains restent au stade précoce pendant très longtemps. D'autres voient apparaître une atrophie en quelques années seulement. Une partie des patients développe une DMLA humide, aussi appelée exsudative. Cette bascule impose une prise en charge rapide.

Qu'est-ce que l'atrophie géographique ?

L'atrophie géographique désigne une forme avancée de la DMLA sèche. Des plages de cellules disparaissent progressivement au fond de l'œil. Les photorécepteurs situés dans ces plages ne fonctionnent plus. Dans ces zones d'atrophie constituées, la perte fonctionnelle n'est actuellement pas récupérable. Aucun traitement disponible ne permet aujourd'hui de la restaurer.

L'atteinte progresse souvent de la périphérie maculaire vers le centre. La vision centrale reste parfois correcte pendant plusieurs années. Une tache sombre finit toutefois par gêner la lecture. Les patients décrivent des lettres qui manquent au milieu des mots. L'autofluorescence permet de suivre précisément ces zones d'atrophie rétinienne.

Existe-t-il un traitement de la DMLA sèche en 2026 ?

Aucun traitement curatif de la DMLA sèche n'existe aujourd'hui. À ce jour, aucun médicament disponible ne permet de restaurer la vision perdue. Les cellules rétiniennes détruites ne se régénèrent pas spontanément. Les approches actuelles visent surtout à ralentir la progression. Cette nuance change beaucoup de choses pour les patients concernés.

En France, la prise en charge repose sur la surveillance ophtalmologique. Elle associe un suivi régulier et des mesures de prévention. Aucun traitement anti-complément de la DMLA sèche n'y est commercialisé. Aux États-Unis, deux traitements de l'atrophie géographique sont autorisés depuis 2023. Cette différence réglementaire surprend souvent les patients français.

L'EMA a estimé que le bénéfice apporté par certains dossiers restait insuffisant. La réduction des lésions ne s'accompagnait pas nécessairement d'un bénéfice visuel suffisamment démontré. Le rapport bénéfice/risque a donc été déterminant dans les décisions européennes. Les injections répétées dans l'œil comportent aussi des risques propres. Cette situation explique l'absence de ces médicaments en Europe.

Flacon de gouttes pour les yeux

Quels sont les nouveaux traitements de la DMLA sèche ?

Les traitements qui ciblent le système du complément

Le système du complément fait partie de nos défenses immunitaires naturelles. Il élimine normalement les débris cellulaires et certains agents infectieux. Chez certains patients, cette cascade semble intervenir dans les mécanismes de la DMLA. L'inflammation et d'autres mécanismes cellulaires peuvent alors contribuer à la fragilisation de l'épithélium pigmentaire.

Ces traitements injectables bloquent une étape précise de cette cascade. L'objectif consiste à limiter la destruction cellulaire et à ralentir l'extension de l'atrophie au niveau de la macula. Les études montrent un ralentissement de la croissance des lésions. Ce ralentissement ne s'accompagne pas toujours d'un bénéfice visuel mesurable. Ce point reste important dans l'évaluation de ces traitements par les agences du médicament.

Pegcetacoplan : que sait-on de ce traitement ?

Le pegcetacoplan cible la protéine C3 du complément dans la DMLA atrophique. Cette protéine se situe en amont de la cascade. Le médicament s'administre par injections intravitréennes répétées. Les injections peuvent être réalisées chaque mois ou tous les deux mois selon le schéma thérapeutique.

Les États-Unis l'ont autorisé en 2023 sous le nom Syfovre. L'Europe a suivi une trajectoire inverse. Le comité d'experts de l'EMA a rendu un avis défavorable en juin 2024. Ce refus a été confirmé après réexamen en septembre 2024. Ce traitement n'est donc pas disponible en France.

Avacincaptad pegol : où en est ce traitement ?

L'avacincaptad pegol agit plus bas dans la cascade, sur la protéine C5. Il s'administre lui aussi par injection dans l'œil. Testé dans la DMLA sèche avancée, il portait d'abord le nom Zimura. Il est commercialisé aux États-Unis sous le nom Izervay depuis 2023.

En Europe, le dossier a été déposé sous le nom Izelvay. Le laboratoire a retiré sa demande le 24 octobre 2024. Ce retrait a suivi des échanges avec le comité d'experts de l'EMA. L'agence exprimait alors des réserves sur l'efficacité démontrée. Aucune autorisation européenne n'existe donc pour cette molécule.

Quels traitements sont disponibles en France ?

La question revient sans cesse dans les cabinets d’ophtalmologie. La réponse doit distinguer trois choses très différentes. Un médicament dispose d’une autorisation de mise sur le marché. Un complément alimentaire relève d’une réglementation bien plus souple. Les mesures d’hygiène de vie n’ont, elles, aucun statut de traitement.

Pour la DMLA humide, des injections d’anti-VEGF sont prises en charge depuis longtemps. Elles ciblent les néovaisseaux, absents dans la forme sèche. Aucun traitement de la DMLA sèche n’est disponible en France à ce jour. Le suivi ophtalmologique reste donc le pilier de la prise en charge. Certains patients peuvent aussi rejoindre un essai clinique.

Approche
Pegcetacoplan (Syfovre)
Avacincaptad pegol (Izervay)
Formule AREDS2
Thérapie génique
Thérapie cellulaire
Cible
Protéine C3
Protéine C5
Facteurs nutritionnels
Cibles multiples
Cellules rétiniennes
Objectif
Ralentir l'atrophie
Ralentir l'atrophie
Réduire le risque de progression dans certaines situations
Préserver les cellules ou modifier certains mécanismes de la maladie
Remplacer certaines cellules détruites
Situation en 2026
Autorisé aux États-Unis, refusé par l'EMA
Autorisé aux États-Unis, demande retirée en Europe
Disponible en complément alimentaire
Essais cliniques en cours
Recherche et essais très précoces
DMLA sèche nouveaux traitements oeil bleu

Peut-on ralentir l'évolution de la DMLA sèche ?

Surveillance ophtalmologique

Le suivi ne soigne pas, mais il oriente toute la prise en charge. L’OCT analyse les couches de la rétine en quelques secondes. Le fond d’œil repère les drusen et les zones atrophiques. La mesure de l’acuité visuelle complète chaque consultation.

L’autofluorescence cartographie l’étendue de l’atrophie au fil des mois. Ces images permettent de suivre la progression des lésions. Le rythme des contrôles dépend du stade, de l’atteinte des deux yeux et des symptômes. La grille d’Amsler aide à surveiller sa vision entre deux rendez-vous.

Compléments alimentaires et formule AREDS2

Les études AREDS et AREDS2 ont testé des mélanges d'antioxydants. Elles associaient des vitamines, du zinc et du cuivre. La seconde formule a remplacé le bêta-carotène par deux caroténoïdes.

La lutéine et la zéaxanthine se concentrent naturellement dans la macula. Une réduction du risque de progression a été observée dans certaines situations. Le bénéfice concerne notamment les DMLA intermédiaires ou une forme avancée sur un œil. Aucun bénéfice comparable n'est établi dans les formes débutantes ni sans DMLA. Un avis médical reste utile avant toute supplémentation.

Le zinc et le cuivre figuraient déjà dans la formule d'origine. Le bêta-carotène a été retiré, notamment en raison du risque chez les fumeurs. Les dosages varient beaucoup d'une marque à l'autre. Votre pharmacien peut vous aider à comparer les compositions.

Alimentation et hygiène de vie

Le tabac reste un important facteur de risque modifiable. Son arrêt réduit le risque d'évolution vers les formes avancées. Une alimentation équilibrée apporte naturellement des caroténoïdes et d'autres nutriments utiles. Légumes verts, poissons gras et fruits colorés peuvent s'intégrer à cette alimentation. Ces habitudes profitent aussi au cœur et aux vaisseaux.

Les facteurs cardiovasculaires méritent une attention particulière. Tension artérielle, cholestérol et diabète se surveillent avec un médecin. Une activité physique régulière complète utilement ces mesures. La protection solaire peut également contribuer à limiter une exposition excessive à la lumière.

Quels sont les traitements de demain pour la DMLA sèche ?

La thérapie génique figure parmi les pistes de recherche actives. L'idée consiste notamment à faire produire une protéine par la rétine elle-même. Une équipe française travaille ainsi sur la transferrine, une protéine impliquée dans le métabolisme du fer. Des essais cliniques évaluent ces nouvelles approches. Elles restent toutefois expérimentales.

La thérapie cellulaire poursuit un objectif différent. Elle vise à remplacer certaines cellules rétiniennes détruites. Des cellules souches peuvent servir à produire des cellules de l'épithélium pigmentaire. Les premières transplantations restent limitées à des essais très encadrés. La médecine régénérative avance donc avec prudence dans ce domaine.

D'autres inhibiteurs du complément poursuivent leur développement clinique. L'ANX007 cible la protéine C1q et fait partie des pistes étudiées dans la DMLA atrophique. Les approches neuroprotectrices cherchent, elles, à préserver les photorécepteurs. Quelques projets explorent aussi des implants rétiniens et des dispositifs permettant de compenser certaines pertes visuelles.

La recherche sur les biomarqueurs progresse en parallèle. L'imagerie rétinienne aide à mieux caractériser et à suivre la vitesse de progression de l'atrophie. Ces outils servent notamment à sélectionner les patients dans les essais cliniques. L'intelligence artificielle appliquée à l'OCT suscite également un intérêt croissant.

Illustration d'un globe oculaire devant un batiment

DMLA sèche : quand consulter rapidement ?

Certains signes imposent un avis ophtalmologique sans attendre. Une baisse brutale de la vision doit toujours alerter. L'apparition de déformations des images constitue un autre signal fort. Les lignes droites paraissent alors ondulées ou brisées. Ce symptôme porte le nom de métamorphopsies.

Une tache au centre de la vision mérite également une consultation rapide. Ces manifestations peuvent traduire un passage vers la forme humide. Cette forme dispose de traitements injectables pris en charge en France. Une consultation rapide permet de débuter le traitement lorsqu'il est indiqué.

Conclusion

La situation de la DMLA sèche en 2026 demande de la précision. Deux médicaments anti-complément existent aux États-Unis pour l’atrophie géographique. Aucun n’est actuellement disponible en France pour cette indication. La prise en charge française repose sur la surveillance et la prévention.

Les pistes de recherche restent nombreuses et sérieuses. Thérapie génique, thérapie cellulaire et nouveaux inhibiteurs progressent en parallèle. Les prochaines années pourraient apporter de nouvelles options thérapeutiques. En attendant, un suivi ophtalmologique régulier reste essentiel. Parlez de vos symptômes à votre médecin dès qu’ils changent.

Vos questions fréquentes

La DMLA sèche rend-elle aveugle ?

La DMLA n'entraîne généralement pas une cécité complète au sens strict. La vision périphérique est habituellement conservée, ce qui permet de se déplacer. La gêne porte surtout sur la lecture et la reconnaissance des visages. Un accompagnement en basse vision améliore souvent l'autonomie au quotidien.

Peut-on retrouver la vue avec un traitement de la DMLA ?

Aucun traitement actuel ne permet de récupérer une vision perdue dans les zones d'atrophie constituées. Les cellules rétiniennes détruites ne repoussent pas spontanément. Les molécules à l'étude cherchent principalement à freiner la dégradation. Les travaux sur la médecine régénérative visent notamment à répondre à cette limite à plus long terme.

La DMLA sèche évolue-t-elle toujours vers la forme humide ?

Non, cette évolution n'a rien d'automatique. Une partie seulement des patients bascule vers la forme exsudative. Le risque dépend notamment du stade et de l'atteinte des deux yeux. Un suivi régulier permet de repérer cette évolution à temps. Une surveillance attentive des symptômes reste donc essentielle.

Faut-il prendre des compléments alimentaires sans avis médical ?

Mieux vaut demander l'avis d'un professionnel de santé avant de commencer. Les formules ne conviennent pas à tous les stades de la maladie. Certaines associations posent question chez les fumeurs ou en cas d'interactions. Un avis personnalisé évite des dépenses inutiles.

Peut-on se faire traiter aux États-Unis pour une atrophie géographique ?

Certains patients y pensent, puisque deux médicaments y sont autorisés. Leur utilisation implique toutefois des injections répétées et un suivi ophtalmologique régulier. Le coût et l'organisation restent des obstacles importants. Cette question doit être discutée avec son ophtalmologiste.

À quel rythme faut-il consulter avec une DMLA sèche ?

Le rythme dépend du stade, de l'atteinte du second œil et des symptômes. Il est individualisé par l'ophtalmologiste, sans règle valable pour tous. Les formes évoluées demandent généralement des visites plus rapprochées. Toute apparition de symptôme nouveau justifie une consultation avancée.

La DMLA est-elle héréditaire ?

Des facteurs génétiques interviennent clairement dans cette maladie. Le risque augmente chez les personnes ayant un parent atteint. L'hérédité n'explique cependant pas tout, loin de là. L'âge, le tabac et certains facteurs liés au mode de vie jouent également un rôle. Une surveillance familiale peut être proposée selon les antécédents.

Comment participer à un essai clinique sur la DMLA en France ?

L'entrée dans un essai clinique sur la DMLA sèche passe généralement par votre ophtalmologiste. Les centres hospitaliers spécialisés en rétine coordonnent de nombreux protocoles. Chaque étude applique des critères d'inclusion stricts. Les associations de patients relaient aussi les recrutements en cours.

Les aides visuelles sont-elles utiles en cas d'atrophie géographique ?

Oui, elles jouent un rôle important au quotidien. Loupes électroniques, éclairages adaptés et logiciels de lecture facilitent de nombreuses tâches. Une consultation de rééducation basse vision permet de choisir les bons outils. Ces solutions ne remplacent pas un traitement, mais elles préservent l’autonomie.