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Quand le dentiste conseille de montrer un enfant à un orthodontiste, ce premier bilan ne mène pas forcément à un appareil. Chez l’enfant, un traitement commencé tôt vise les problèmes de croissance des os de la face, et l’Assurance Maladie l’écrit en toutes lettres : « Les traitements précoces sont réservés aux anomalies squelettiques. » Le bilan sert d’abord à examiner les dents et les mâchoires. Il sert ensuite à choisir le bon moment pour traiter, s’il faut traiter.

Pour le remboursement, une date compte : le 16e anniversaire. La prise en charge de l’Assurance Maladie s’applique aux traitements d’orthodontie qui débutent avant cette date. Le montant remboursé, lui, se lit sur le devis remis à l’issue de la consultation initiale, avant que le traitement commence.

La première consultation n’est pas forcément la seule. Le dépistage orthodontique peut se faire dès 6 ans et être « renouvelé à la pré-adolescence », pour suivre la croissance de l’enfant et repérer les anomalies qui apparaissent avec le temps. Un enfant vu tôt peut donc être revu quelques années plus tard.

Ce que le dentiste a pu remarquer

La Mutualité chrétienne (MC), une mutualité belge, liste les signes qu’un dentiste peut repérer chez un enfant : « une mâchoire trop étroite », « des dents mal positionnées », « une langue qui ne se place pas correctement dans la bouche ». Elle invite aussi à consulter un dentiste quand l’enfant suce son pouce, utilise encore une tétine ou un biberon, ronfle ou respire par la bouche.

Pour la mutualité, les parents ont leur part dans ce repérage. Ils peuvent observer ces habitudes, ou une difficulté à avaler, et demander un bilan orthodontique s’ils remarquent une anomalie, comme une mauvaise prononciation ou un décalage entre les mâchoires. Ces observations serviront le jour de la consultation, car l’orthodontiste pose des questions sur les habitudes de l’enfant.

À la consultation, des questions puis des examens

En France, ce bilan est fait par un chirurgien-dentiste spécialisé en orthodontie. Il commence par un examen et par des questions sur les antécédents médicaux de l’enfant et de sa famille, sur son âge et sur ses habitudes, comme la succion du pouce. Ces habitudes comptent : des dents mal placées peuvent venir de troubles de croissance des os de la face, ou de mauvaises habitudes prises dans l’enfance.

Des examens complémentaires viennent ensuite, une fois que l’orthodontiste a analysé ce qu’il a relevé : des moulages des dents bouche fermée, une radio panoramique, une radio de la tête prise de profil (la téléradiographie) et des photos du visage.

Du dentiste à l'orthodontiste, un relais qui se prépare

Entre le cabinet du dentiste et celui de l’orthodontiste, le passage de relais peut se préparer. Orthodontie Dian, cabinet d’orthodontie à Etterbeek (Bruxelles), en donne un exemple sur son site. Pour les enfants de moins de 9 ans que leur dentiste oriente vers une consultation précoce, Orthodontie Dian annonce un premier bilan en 30 minutes et « un suivi en coordination avec votre dentiste référent ».

Le cabinet demande de remettre à l’accueil le formulaire que la famille a reçu du dentiste. Il ajoute une consigne sur la radio : « Si une radio panoramique a été faite, pensez à l’apporter ou à l’envoyer à l’avance. » Cette radio fait partie des examens du bilan que décrit l’Assurance Maladie. Un autre orthodontiste aura peut-être d’autres consignes : le plus simple est de demander à l’avance ce qu’il faut apporter.

S'il faut traiter, reste à savoir quand

Le bilan complet sert à envisager le traitement éventuel et ses différentes phases. Il sert aussi à décider de « la période la mieux adaptée pour débuter le traitement, en fonction de l’âge de l’enfant et de l’évolution de sa croissance ».

Le traitement peut alors prendre deux formes. Commencé jeune, il peut se faire en plusieurs temps, séparés par des périodes de surveillance. Il peut aussi se faire en une seule étape, plus tardive. Au moment du bilan, il est utile de demander quelles phases sont envisagées, et à quel âge chacune commencerait.

Enfant avec dentiste qui lui montre comment utiliser la brosse  à dents

Le remboursement dépend de l'âge au début du traitement

La visite de prévention M’T dents a changé de rythme. Depuis le 1er avril 2025, elle revient chaque année, et non plus tous les trois ans, pour les enfants et les jeunes de 3 à 24 ans. Elle « ne concerne pas les traitements d’orthodontie pour corriger une malposition des dents », précise le site d’information du Gouvernement.

Pour un traitement d’orthodontie, le tarif est libre. C’est pour cela que le praticien remet, à l’issue de la consultation initiale, un devis écrit qui indique ses honoraires et le montant remboursé par l’Assurance Maladie. La prise en charge demande aussi l’accord préalable de la caisse primaire d’assurance maladie. Elle dépend de conditions d’âge et de durée du traitement, dont le début avant le 16e anniversaire.

Avant la consultation, et après

Avant la consultation, le geste le plus utile est de retrouver la radio panoramique, si l’enfant en a déjà passé une. Il vaut aussi la peine de noter ce qui a été vu à la maison, comme le pouce ou la respiration par la bouche, ainsi que les antécédents médicaux de la famille, qui seront demandés. Cela étant, s’il y a un devis, la première ligne à lire est celle du montant remboursé. La seconde vérification porte sur la date de début prévue : avant les 16 ans de l’enfant.

Sources