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Combien d’injection pour la DMLA  ? Quand on reçoit un diagnostic de DMLA humide, l’une des premières questions qui nous vient à l’esprit concerne le traitement : « Combien d’injections vais-je devoir subir ?  » Cette interrogation reflète l’inquiétude face à un traitement qui peut sembler impressionnant. Alors, faisons le point sur ce protocole qui a révolutionné la prise en charge de cette maladie oculaire.

Comprendre la DMLA et ses différentes formes

DMLA yeux, c’est quoi ?

DMLA def : DMLA signifie « Dégénérescence Maculaire Liée à l’Âge ».

Cette maladie des yeux touche la partie centrale de la rétine, appelée macula. Cette zone, pas plus grande qu’une tête d’épingle, est pourtant essentielle à notre vision fine. Sans elle, impossible de lire, reconnaître un visage ou conduire.

En France, près d’1,5 million de personnes sont concernées, principalement après 65 ans. L’âge est le facteur de risque principal, mais d’autres éléments jouent un rôle :

  • Les antécédents familiaux (le risque est multiplié par 4 si un parent est atteint)
  • Le tabagisme (qui double les risques)
  • L’exposition prolongée aux UV sans protection
  • Certains facteurs alimentaires, comme une alimentation pauvre en antioxydants

DMLA sèche vs DMLA humide : Des traitements différents

On distingue deux formes principales de cette maladie, avec des évolutions et des prises en charge bien distinctes :

  • DMLA sèche (atrophique )représente environ 80 % des cas. Elle se caractérise par une disparition progressive des cellules de la rétine. Son évolution est généralement lente, sur plusieurs années. Malheureusement, aucun traitement curatif n’existe actuellement pour cette forme, mais des suppléments nutritionnels peuvent parfois ralentir sa progression.
  • DMLA humide (exsudative) est moins fréquente (20 % des cas) mais beaucoup plus agressive. Des vaisseaux sanguins anormaux se développent sous la rétine et laissent fuir du liquide et du sang, provoquant un œdème maculaire. Sans traitement, la vision centrale peut être rapidement et irrémédiablement endommagée. C’est pour cette forme qu’on utilise les fameuses injections intravitréennes.

 Est-ce que la DMLA peut rendre aveugle ?

Oui, la DMLA peut entraîner une perte sévère de la vision centrale, mais elle ne rend pas totalement aveugle : la vision périphérique est généralement conservée.

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Combien d’injection pour la DMLA : Le traitement par injections intravitréennes

Médicaments anti-VEGF : Comment fonctionnent-ils ?

Le traitement de référence pour la DMLA humide repose sur l’injection de médicaments appelés « anti-VEGF » (anti Vascular Endothelial Growth Factor). Ces molécules agissent comme des « extincteurs » qui neutralisent une protéine responsable de la formation des vaisseaux anormaux.

Plusieurs médicaments sont disponibles aujourd’hui :

  • Ranibizumab (Lucentis®) : l’un des premiers approuvés
  • Aflibercept (Eylea®) : permet souvent d’espacer davantage les injections
  • Bévacizumab (Avastin®) : utilisé hors AMM dans certains pays
  • Brolucizumab (Beovu®) : plus récent, avec une durée d’action potentiellement prolongée.

Ces traitements ne guérissent pas la maladie, mais ils permettent souvent de stabiliser la vision, voire de l’améliorer dans 30 à 40 % des cas. Pour être efficaces, ils doivent être administrés directement dans l’œil, via une injection intravitréenne. D’où cette question récurrente sur le nombre d’injections nécessaires…

DMLA vision : Déroulement d’une séance d’injection intravitréenne

Beaucoup de patients appréhendent leur première injection. Mais en réalité, l’intervention est rapide et généralement bien supportée. Voici comment ça se passe :

  • D’abord, l’ophtalmologiste applique un collyre anesthésiant pour engourdir la surface de l’œil. Pas besoin d’anesthésie générale, ce qui est déjà rassurant ! Ensuite, la zone autour de l’œil est désinfectée soigneusement, c’est froid, mais indolore. Un petit écarteur est placé entre les paupières pour éviter de cligner involontairement.
  • L’injection elle-même ne dure que quelques secondes. On ressent généralement une légère pression plutôt qu’une douleur véritable. Certains patients décrivent « comme un petit picotement » ou une sensation de « pression brève », mais rarement une douleur intense.
  • Après l’intervention, qui prend au total 10 à 15 minutes, vous pourrez rentrer chez vous. Votre vision sera temporairement floue, parfois avec de petites bulles visibles, c’est normal et disparaît rapidement. Les précautions post-injection sont simples : éviter de vous frotter l’œil, limiter les activités salissantes, et signaler tout symptôme inhabituel comme une douleur intense ou une baisse soudaine de vision.
Femme faisant un examen de la vue

DMLA et traitement : Protocole standard d'injections pour la DMLA humide

La phase d’induction : Les premières injections

Le traitement débute généralement par une « phase d’attaque » qui consiste en trois injections initiales, espacées d’environ 4 semaines. Cette approche intensive vise à assécher rapidement les fuites de liquide et à stabiliser la maladie.

Cette phase est déterminante pour la suite, un peu comme les fondations d’une maison. Des études montrent qu’un délai trop important entre le diagnostic et le début du traitement, ou des injections trop espacées pendant cette période critique, peuvent compromettre les résultats à long terme.

À chaque visite, votre médecin évaluera votre réponse au traitement par des examens comme l’OCT (Tomographie par Cohérence Optique), qui permet de visualiser les couches de la rétine et de mesurer précisément l’épaisseur de la macula et la présence de liquide.

Protocoles de maintenance : Personnaliser le traitement

Après la phase d’induction vient la phase d’entretien, qui peut suivre différentes stratégies :

  • Le protocole PRN (Pro Re Nata ou « à la demande ») : les injections sont administrées uniquement lorsque des signes d’activité de la maladie réapparaissent lors des contrôles mensuels. Cette approche peut réduire le nombre total d’injections, mais nécessite des visites fréquentes.
  • Le protocole « Treat and Extend »(traiter et étendre) : si la maladie est stable, l’intervalle entre les injections est progressivement allongé, parfois jusqu’à 12 semaines. En cas de récidive, on revient à un intervalle plus court. C’est actuellement l’approche préférée par beaucoup de spécialistes.
  • Le protocole fixe : moins utilisé aujourd’hui, il consiste à administrer des injections à intervalles réguliers, indépendamment des signes d’activité de la maladie.

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Combien d’injection pour la DMLA : Facteurs influençant le nombre total d'injections nécessaires

Problème de vue : Facteurs liés au patient et à la maladie

En réalité, le nombre d’injections varie d’un patient à l’autre. Certains facteurs ont un impact significatif :
  • La sévérité initiale de la DMLA : des lésions plus étendues nécessitent souvent un traitement plus intensif
  • La réactivité individuelle aux anti-VEGF : certains patients sont des « bons répondeurs », d’autres nécessitent des injections plus fréquentes.
  • Le type de lésions : certaines formes de néovascularisation répondent mieux que d’autres.
  • La présence d’autres pathologies comme un glaucome ou une cataracte.

Grille d’Amsler c’est quoi ?

La grille d’Amsler est un test simple pour dépister ou surveiller les troubles de la vision centrale, notamment la DMLA. C’est une grille de lignes avec un point au centre : si les lignes paraissent déformées, ondulées ou manquantes, cela peut indiquer un problème de la macula.

DMLA œil : L’importance d’un suivi régulier et à long terme

Quelle que soit la stratégie adoptée, un suivi régulier est indispensable. Ce suivi comprend généralement un examen du fond d’œil et un OCT pour détecter précocement toute récidive. La durée totale du traitement ? Contrairement à ce qu’on pourrait espérer, il s’agit généralement d’un traitement au long cours. Des études montrent qu’après 5 ans, environ 50 % des patients ont encore besoin d’injections, bien qu’à une fréquence souvent réduite. Mais ne vous découragez pas, la bonne nouvelle est que chaque nouvelle génération de médicaments tend à permettre un espacement plus important entre les injections.

DMLA guérison : Peut-on arrêter définitivement les injections ?

La question que tous les patients posent un jour ou l’autre : « Devrai-je faire ces piqûres toute ma vie ? » La réponse n’est malheureusement pas simple. Pour certains patients chanceux, la maladie peut entrer dans une phase d’inactivité prolongée. , il est donc possible d’espacer les injections, tout en maintenant une surveillance étroite. Mais attention : dans la plupart des cas, un arrêt prématuré des injections entraîne une récidive. Des études ont démontré que près de 80 % des patients présentent une réactivation dans les 12 mois suivant l’arrêt du traitement. C’est pourquoi, même en suspendant les injections, les contrôles réguliers restent indispensables.

Combien d’injection pour la DMLA : Nouveaux traitements pour réduire le nombre d’injections

La bonne nouvelle, c’est que la recherche avance rapidement pour améliorer ces traitements. Plusieurs pistes prometteuses pourraient réduire le nombre d’injections nécessaires :
  • Les anti-VEGF à action prolongée : le faricimab (Vabysmo®) récemment approuvé, permet d’espacer les injections jusqu’à 16 semaines chez certains patients.
  • Les implants à libération prolongée : comme le port-delivery system, un petit réservoir implanté dans l’œil qui libère progressivement le médicament et peut être rechargé tous les 6 mois.
  • Les thérapies géniques : encore expérimentales, mais qui pourraient permettre avec une seule intervention d’amener les cellules rétiniennes à produire elles-mêmes des anti-VEGF.
Ces avancées laissent entrevoir un avenir où les injections seront beaucoup moins fréquentes. Mais ne nous emballons pas trop vite, ces technologies prennent du temps à être validées et généralisées. Découvrez aussi notre article cancer des testicules ici
Examen champ visuel

Vivre au quotidien avec un traitement par injections régulières

DMLA et traitement : Conseils pratiques pour mieux gérer le traitement

Vivre avec un traitement chronique demande de l’organisation, mais quelques astuces peuvent faciliter le quotidien :

Aspect
Transport
Planification
Financier
Conseils pratiques
Renseignez-vous sur les services de transport adapté ou associations d'aide aux personnes malvoyantes qui proposent des accompagnements.
Utilisez un agenda dédié (format large ou numérique avec rappels) pour noter vos rendez-vous médicaux.
Le traitement est généralement pris en charge à 100 % par l'Assurance Maladie au titre de l'ALD. N'hésitez pas à consulter une assistante sociale si besoin.

N’oubliez pas qu’après une injection, la vision est temporairement brouillée. Prévoyez donc toujours un accompagnateur, et évitez de conduire ce jour-là.

Dégénérescence maculaire : Soutien psychologique et ressources disponibles

La répétition des injections peut être éprouvante psychologiquement. N’hésitez pas à vous faire aider. Plusieurs ressources :

Les associations de patients comme la Macular Society offrent un soutien précieux, des informations fiables et parfois même des groupes de parole. Échanger avec d’autres personnes qui vivent la même chose peut être extraordinairement réconfortant.

L’équipe soignante est aussi là pour vous accompagner. N’hésitez jamais à exprimer vos craintes à votre ophtalmologiste ou au personnel infirmier. Des techniques de relaxation simples peuvent être proposées pour diminuer l’anxiété avant les injections.

Combien d’injection pour la DMLA : La conclusion

Le nombre d’injections nécessaires pour traiter la DMLA humide varie considérablement d’un patient à l’autre. Si certains peuvent espacer progressivement leur traitement, la plupart auront besoin d’injections régulières pendant plusieurs années.

Mais gardons en tête l’essentiel : ce traitement, malgré ses contraintes, a révolutionné la prise en charge de la DMLA humide. Il permet aujourd’hui de préserver la vision de milliers de personnes qui, autrement, seraient condamnées à une perte visuelle sévère.

La recherche progresse constamment, et chaque année apporte son lot d’innovations qui tendent vers un même objectif : des traitements plus efficaces, plus durables et moins contraignants. En attendant, le partenariat de confiance entre vous et votre ophtalmologiste reste la clé d’une prise en charge réussie.

N’oubliez jamais que derrière chaque injection se cache un objectif qui en vaut la peine : préserver ce qui nous est si précieux, notre vision.